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TROISIEME PARTIE

Programme National De Redressement Economique NESPROG ( 1998 - 2004)

  1. Les Principes de base

    Le programme économique du SDF tel que défini ci-après reflète la vision du parti sur comment sauver le Cameroun, une nation autrefois prospère qui a été détruite par une mauvaise gestion publique concupiscente. Les principes économiques qui sous-tendent le programme national de redressement économique (NESPROG) ne peuvent générer des résultats économiques durables que si certains principes de base que défend le parti, sont respectés à tout moment.

    La nécessité impérieuse de réformes constitutionnelles :

    La Deuxième République laissera en héritage une économie délabrée et un pays politiquement divisé vivant sous la menace de la désintégration. Le SDF pense que bien que les différences ethniques et régionales aient toujours existé au Cameroun, c’est la crise économique et l’accentuation de la pauvreté qui ont amplifié ces différences. Avant de s’attaquer aux problèmes économiques terrifiants du pays avec succès, il convient de prendre immédiatement à bras le corps la menace qui pèse sur la cohésion du pays. Le seul moyen de traiter la question des différences ethniques et régionales est d’accepter et d’admettre leur existence et de concevoir un cadre constitutionnel qui permettra à toutes les filles et tous les fils du Cameroun de sentir qu’ils partagent une destinée commune.

    Fédéralisme et le principe de subsidiarité :

    Fort de cette réalité que le SDF pense que le cadre le plus approprié pour stimuler l’activité économique est celui qui garantit la mise en place d’une structure étatique fortement décentralisée qui n’est possible qu’à travers l’organisation de l’état en un système de gouvernement fédéral. Il se trouve que la plupart des pays développés de même que ceux qui connaissent un développement rapide sont des pays ayant une organisation d’états fédérés : les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Suisse. Même la France avec son système actuel d’administration régionale avance lentement vers un fédéralisme de type allemand8. Le système fédéral repose sur le principe de la subsidiarité en vertu duquel les décisions affectant la vie des masses doivent être prises au plus bas niveau possible du système d’administration qui rapproche, autant que faire se peut, les centres de décision des populations. Dans une société très diversifiée comme celle du Cameroun, on ne peut atteindre ce but que dans le cadre d’une constitution élaborée de manière consensuelle, à laquelle participeront toutes les tendances de l’opinion publique de même que les chefs religieux, traditionnels et les groupes à caractère corporatif. Ensuite, une telle constitution doit offrir un appareil judiciaire indépendant qui appliquera sans peur ou favoritisme, les lois relatives aux affaires et à l’investissement.

    Sociale Démocratie et la loi du marché :

    Dans le cadre d’une idéologie de sociale démocratie du parti, la politique économique du SDF doit fournir un cadre où certain droits fondamentaux de l’homme, en particulier, le droit à la propriété privée, sont protégés, où l’initiative privée est encouragée et protégée et où la libre concurrence est autorisée. La SDF croit en outre que l’on doit permettre le fonctionnement des forces du marché de manière à garantir l’efficacité de l’économie à tous les niveaux. Le rôle du gouvernement est de réglementer le marché pour qu’il soit organisé et, avant tout, d’intervenir rapidement pour restaurer l’ordre lorsqu’il y a un disfonctionnement du marché.

    L’objectif final de la politique économique est de créer une société plus juste. Mais, afin de réaliser cet objectif à long terme, il convient de créer les conditions d’une croissance économique pour une société plus prospère. L’expérience camerounaise de généralisation de la pauvreté sous la Deuxième République a démontré qu’à mesure qu’un pays s’appauvrit, il devient également plus injuste.

    Le « marché » joue dans l’économie un rôle analogue à celui du « peuple » dans l’arène politique, parce qu’il représente un ensemble de personnes agissant de concert. De même que tout programme politique qui n’est pas soutenu par les masses est voué à l’échec, de même tout programme économique qui est une violation flagrante des principes du marché sera soldé par un échec. Ainsi, le slogan du parti “ le pouvoir au peuple”, traduit la foi du parti à placer sa confiance en l’être humain et à faire de lui le centre de toute stratégie dans les domaines politique et économique. C’est la raison qui amène le SDF à accepter le libéralisme économique, l’initiative privée et la propriété privée comme la voie la plus effective pour rendre l’individu autonome et, au bout du compte, le peuple dans son ensemble.

    Libéralisme économique social:

    Durant la Première République, le gouvernement de feu le Président AHIDJO a favorisé la philosophie du soi-disant « libéralisme planifié ». La mise en oeuvre d’une telle politique impliquait l’introduction de plusieurs plans quinquennaux qui ont été partiellement exécutés. Malgré les réalisations de la Première République, le Cameroun s’en est sorti avec une base industrielle faible et sans les infrastructures de transport et de communication que requiert une économie moderne.

    La Deuxième République, sous le régime de Paul BIYA, a introduit au Cameroun une philosophie économique qualifiée de « Libéralisme communal ». Le régime de BIYA n’a jamais expliqué au peuple camerounais le sens de ce concept vague et, jusqu’à ce jour, personne ne sait ce que signifie Libéralisme communal. Quelle qu’en soit la signification, quatorze ans de libéralisme communal a conduit le pays à une faillite économique totale.

    Les politiques économiques du SDF seront fondées sur l’idéologie du "libéralisme économique social". NESPROG est un programme économique qui repose sur le libéralisme économique social.. L’idéologie du libéralisme économique social est assise sur dix principes qui forment l’ossature de l’idéologie du SDF :

    • Le droit de créer une entreprise est un droit fondamental :

      Le droit d’entreprendre des affaires pour nourrir sa famille et créer des emplois pour la société est un droit fondamental. C’est une expression et une manifestation du droit individuel à la liberté et à la poursuite du bonheur. Ce n’est pas au gouvernement de donner à l’individu le droit de créer une entreprise. La responsabilité du gouvernement consiste à le protéger en tant que personne et à protéger ses droits de propriété sur les biens qui constituent son investissement.

    • Permettre à la créativité de s’épanouir:

      L’esprit de créativité qui pousse les gens à vouloir créer des affaires pour eux-mêmes est un don rare de la nature, raison pour laquelle dans toute société, très peu d’hommes d’affaires connaissent la réussite. Aussi, le rôle d’un gouvernement responsable est-il de veiller à créer les conditions qui permettront à ce type d’individu d’émerger dans la société et de sortir de la pauvreté pour prospérer grâce à son génie créateur.

    • Le Droit des travailleurs à s’organiser:

      La main d’oevre est la forme du capital la plus importante et par conséquent, ceux qui vendent leur force de travail sur le marché du travail ont le droit de former des organisations syndicales pour assurer la protection de leurs intérêts. Ce n’est que lorsque des organisations syndicales indépendantes existent qu’il peut s’établir un dialogue éclairé entre les travailleurs et le patronat en vu d’assurer une croissance économique dans l’équité ;

    • Le gouvernement doit élaborer une réglementation juste et neutre :

      Le devoir du gouvernement est de créer un environnement réglementaire dans lequel les affaires doivent être entreprises et tous les hommes d’affaires qui opèrent dans le cadre de la loi ne doivent pas faire l’objet de tracasseries de la part du gouvernement, des agents gouvernementaux, des forces de la police et de la gendarmerie ou des collecteurs de taxes zélés. L’application de toutes les réglementations en matière d’affaires doit être juste et impartiale.

    • Fiscalité sans tracasserie :

      Le système de prélèvement sur les entreprises doit reposer sur une juste évaluation de la capacité de création de revenus de l’entreprise . Le SDF pense également que si les pouvoirs publics font preuve d’une utilisation responsable de l’argent des contribuables, tous les citoyens respectueux des lois seront convaincus de la nécessité à payer les taxes dont un gouvernement a besoin pour remplir correctement sa mission. Le SDF pense par conséquent que l’obligation de chaque citoyen de s’acquitter de son devoir fiscale doit aller de paire avec celle d’une gestion responsable de la part du gouvernement.

    • Suppression des monopoles :

      Toutes les formes en matière de pratiques des affaires qui tendent à entraver ou éliminer la concurrence sont contraires au principe de libéralisme économique L’application de ce principe exige qu’aucune entreprise ne soit autorisée à accumuler des pouvoirs de monopole dans aucun secteur de l’économie. Toute société qui sera considérée comme exerçant des pouvoirs de monopole dans un secteur donné de l’économie sera scindés en unités plus petites permettant une gestion plus efficace.

    • Le rôle du gouvernement doît être d’enregistrer les nouvelles entreprises et non d’agréer ou de rejeter leur création :

      La seule condition à remplir pour la création d’une entreprise sera de satisfaire aux conditions d’enregistrement prevues dans le code d’entreprises. . Les procédures administratives pour remplir ces conditions d’enregistrement seront facilitées. Une fois les conditions d’enregistrement satisfaites, une entreprise peut se considérer comme constituée. Conformément aux principes de libéralisme économique social, l’installation d’un cabinet de docteur en médecine, de notaire, d’avocat, de comptable, de commissaire aux comptes, de consultant ou d’officine en pharmacie ne sera plus soumise à l’agrément de la Présidence de la République.. La latitude sera accordée à chaque profession libérale de définir les conditions à remplir pour entrer dans cette profession.

    • Le gouvernement doit appuyer et non entraver les activités des hommes d’affaires camerounais :

      Le développement des activités du secteur privé au Cameroun se heurté à l’hostilité’ que le gouvernement du RDPC nourri à l’endroit des hommes d’affaires camerounais. Le SDF pense qu’une économie ne prospère que si elle prend appui sur trois piliers : à savoir:

      1. le gouvernement qui est chargé de définir le cadre réglementaire dans lequel les opérateurs économiques doivement travailler;
      2. le système bancaire qui est responsable de la mobilisation de l’épargne et qui assurer la canalisation de cet eparge vers les investissements et;
      3. le secteur privé qui est composé des hommes d’affaires qui possèdent l’esprit d’entreprise qui les conduit a mettre leurs capitaux à risque par la creation des entreprises. L’échec de notre économie sous le régime du RDPC est en partie dû au fait que le gouvernement du RDPC a affiché une hostilité notoire à l’égard de la communauté des hommes d’affaires camerounais, Cette hostilité s’est manifesté au fil des années à travers la créantion par les agents de l’état des obstacles à tous les niveaux qui ont eu pour effet de frustrer les activités du secteur privé. Le governement a également affaibli le système bancaire en faisant usage de ses pouvoirs pour nommer à la tête des banques des individus d’une moralité douteuse. Le SDF est résolu à faire sienne l’impérieuse nécessité de changer cette situation afin d’établir un climat de confiance totale et permanente avec nos hommes d’affaires et avec le système bancaire.
    • Le travail d’un fonctionnaire est de créer des emplois dans le secteur privé :

      Le gouvernement du RDPC a inculqué au peuple la mauvaise idée que la fonction publique est un système qui existe pour lui même. Mais le présent programme de dégraissage de la fonction publique est le résultat du fait que le gouvernement n’a pas su introduire des politiques qui permettent l’investissement, la création d’emplois et l’élargissement de la base d’imposition. Les fonctionnaires eux-mêmes sont responsables de la paralysie du système et de la pénalisation des potentiels investisseurs étrangers et locaux. Par conséquent, au fur et à mesure que les revenus publics se contractent, la fonction publique elle-même doit être dégraissée et les carrières de fonctionnaires ne représenteront plus pendant longtemps, une sécurité. Un gouvernement SDF entreprendra des actions vigoureuses destinées à éduquer le fonctionnaire dans la réalité que le meilleur moyen d’avoir la sécurité de l’emploi est de veiller à ce que son travail permette, directement ou indirectement, d’améliorer la probabilité qu’un plus grand nombre d’emplois sera créé dans le secteur privé, fruit de ses efforts individuels.

    • Moins d’état c’est mieux l’état pour les affaires :

      Notre fonction publique est devenue une bureaucratie sans pouvoir dont la réputation d’indécision est bien établie dans les cercles financiers internationaux. Notre pays a été incapable d’attirer l’investissement étranger, principalement parce que nous avons un gouvernement qui ne peut pas prendre des décisions. Pour permettre aux hommes d’affaires d’opérer plus librement, et réduire les pressions fiscales sur la population, il faudrait réduire drastiquement la taille du gouvernement et de la fonction publique et éliminer toutes formes d’interventions et d’ingérence du gouvernement dans la conduite des affaires.

    La femme camerounaise dans le développement:

    Le SDF mettra la femme camerounaise au centre du processus de développement parce que les femmes constituent 51% de la population. En outre, elles nourrissent la nation, élèvent les citoyens et peuvent devenir les dirigeants de demain. Durant les 35 dernières années, sa participation a été réduite au simple rôle de mère, à un rôle de subordonnée dans l’économie et à celui d’applaudimètre sur la scène politique. Rien de spécial n’a été fait pour encourager son éducation, défendre ses droits et améliorer le niveau de sa productivité.

    Le SDF considère que les femmes camerounaises représentent une mine d’or et qui adéquatement motivées, elles peuvent devenir un levier très puissant pour la stratégie de relance nationale. Il est connu que les femmes sont moins portées sur la corruption et ont également une plus grande propension à économiser une part plus importante de leurs revenus pour l’avenir de leur famille. Fort de cela, le parti cherchera à améliorer leur éducation et formation, à assurer leur insertion dans l’activité économique afin d’en faire un acteur principal de la relance économique de la nation. Au nombre des programmes que le SDF mettra en place pour assurer l’autonomie économique et politique des femmes camerounaises, on peut citer :

    • la préférence à accorder aux femmes dans certaines fonctions telles que la collecte de recettes de l’état ;
    • l’introduction de législation destinée à améliorer l’accès des femmes au crédit.
    La Protection de l’environnement:

    En ce qui concerne l’environnement, le parti le mettra au premier rang de sa stratégie de développement, en le protégeant et en en tirant le maximum de profit, principalement dans le domaine du tourisme et de la recherche. A cet effet, une commission indépendante sera créée au plan national composé d’experts dont la compétence est reconnue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Cette commission pourrait éventuellement être parrainée par les ONG, les Universités, les instituts de recherche ou des consultants privés. Sa fonction consistera à conseiller le gouvernement dans le domaine de l’élaboration d’une politique environnementale à même de préserver l’équilibre de l’écosystème. Sa mission consistera à évaluer les impacts de tous les projets sur l’environnement ou de toutes les actions des responsables publics, des conseils municipaux et des individus, sur l’environnement national, régional ou local.

    1. Ajustement structurel et réformes économiques

      Sous la Deuxième République, le Cameroun a appliqué des ajustements structurels et réformes économiques caractérisés essentiellement par le dégraissage de la fonction publique en vue de pouvoir maîtriser les dépenses budgétaires et par la privatisation des sociétés d’état. Ces projets de réforme ont produit très peu de résultat tangibles malgré les énormes sacrifices consentis par les masses parce que le gouvernement BIYA, aux yeux du public et de la communauté internationale, manque de crédibilité pour imposer au peuple camerounais des mesures d’austérité. Comme souligné plus tôt, la principale cause de la ruine de l’économie camerounaise réside dans le style et le fonds des politiques du gouvernement BIYA qui ont été rejetées par l’électorat à travers les urnes. Le coup d’état électoral perpétré en octobre 1992 par le régime de BIYA implique que ledit régime a cherché à gouverner le pays sans légitimité populaire. Par conséquent, il n’a pas eu le soutien des masses pour imposer les mesures d’austérité qui ont été imposées dans le cadre de l’ajustement structurel.

      Ensuite, du fait qu’il n’avait pas de légitimité, ce gouvernement a constamment tergiversé dans la poursuite des réformes économiques en acceptant les conditions des institutions internationales de prêt qu’il savait ne pas pouvoir remplir. Le résultat est que le gouvernement n’a pas pu satisfaire les conditions déterminées pour le remboursement des tranches de crédit et a perdu toute crédibilité devant les institutions internationales de prêt. Le SDF croit que pour mettre en oeuvre les mesures d’austérité, un gouvernement doit être crédible, ce que seules les urnes peuvent conférer à travers des élections libres et justes qui donnent un mandat régulier pour gouverner. Le SDF espère qu’en 1997, le peuple camerounais lui donnera ce mandat pour appliquer un programme de réformes économiques qui aura trois principales composantes

    2. La Privatisation des entreprises d’état

      Le SDF nourrit l’intention de poursuivre la privatisation non parce qu’elle est exigée par la communauté internationale des bailleurs de fonds, mais parce qu’il pense que la privatisation est la seule voie pour redonner au privé la gestion de l’économie et pour attirer à nouveau au Cameroun les investisseurs internationaux. Nous avons vu que sous la Deuxième République, le ratio de confiance du Cameroun est tombé de 22% en 1983 à 4% en 1992. Ceci montre que les prêteurs privés internationaux ne sont plus disposés à prêter au Cameroun sans l’aval du gouvernement. Le gouvernement SDF a l’intention de restaurer la confiance économique afin de ramener le ratio de confiance dans une fourchette de 20-25% en sept ans. Pour concrétiser son intention d’aller dans ce sens, la privatisation sera vigoureusement et objectivement poursuivie. A cet égard : · La Société Nationale des Investissements (SNI) sera liquidée et toutes les parts qu’elle détient au nom du public seront vendues au public ; · Une loi boursière sera votée pour créer le cadre permettant aux sociétés d’émettre des titres (actions et obligations) et de faire les transactions de ces titres sur une place boursière. La bourse des valeurs ainsi créée sera le mécanisme institutionnel pour la vente des actions directement détenues dans d’autres sociétés d’état. Elle fournira un mécanisme attendu depuis longtemps pour servir de cadre aux sociétés voulant mobiliser des capitaux auprès du public camerounais par voie d’émission d’instruments qui permettront à une couche plus large de la société d’avoir une participation dans l’économie.

    3. Réformes structurelles du Budget

      Les réformes budgétaires jusque là entreprises se sont trop exclusivement consacrées à réduire la taille de la fonction publique et à réduire la masse salariale du secteur public. En 1993, le gouvernement a effectué des réductions totales de salaires de la fonction publique de l’ordre de 75%. Outre ces réduction sans précédant, la dévaluation du franc CFA en janvier 1994, a davantage diminué le pouvoir d’achat des consommateurs. Ces réductions mal conçues et appliquées sans pitié expliquent, en grande partie, les difficultés que vivent maintenant les populations. Mais ces réductions n’ont guère produit de résultats parce que leur effet macroéconomique a été de baisser la consommation à un niveau qui constitue aujourd’hui un obstacle à une relance économique tirée par la consommation. Le gouvernement SDF introduira des réformes radicales dans le budget public, suivant deux axes : · Redéfinir les préiorités des dépenses: Le Cameroun a une fonction publique qui compte 175 000 agents, dont 125 000 sont civils et 45 000 appartiennent au corps habillé (forces armées, police, gendarmerie, douane, gardien, etc.). Le gouvernement de la Deuxième République a décidé d’aboerder le problème de la masse salariale de la fonction publique (41,8% du budget en 1994/95) sous l’angle d’une réduction générale des salaires de l’ordre de 75% en 1992 et en 1993. Mais ce faisant, il n’a pas résolu le problème fondamental du nombre pléthorique des fonctionnaires sur l’état des salaires du public. Cette question doit être résolue afin d’aboutir éventuellement à une fonction publique de taille plus réduite et plus efficace. Il conviendra de définir des priorités dans l’affectation sectoriel du budget afin d’identifier les domaines où doivent t s’opérer des coupes et des épargnes en vue d’une affectation aux secteurs qui ont supportés le poids des mesures d’austérité jusqu’à ce jour. · Une plus grande fiscalisation de l’économie : Bien que l’économie camerounaise soit la plus importante en Afrique centrale et en terme de PIB, la plus importante de tous les pays francophones d’Afrique occidentale et équatoriale, elle ne génère pas des revenus fiscaux à un niveau correspondant à sa taille. Au début de l’indépendance, le ratio de fiscalisation s’est situé entre 15 et 18%. Cela s’expliquait par le fait que la base de l’imposition était encore relativement étroite et que le système de collecte était toujours sous-développé. L’avènement de la Deuxième République est accompagné d’un bon fulgurant du ratio de fiscalisation qui est passé à 24%. Ce ratio a atteint en 1984 le niveau record de 25%. De ce pic, il régulièrement baissé pour atteindre le niveau anormalement bas de 13% en 1994. Depuis 1990, le gouvernement de la Deuxième République a des difficultés croissantes à collecter les taxes. Durant l’exercice budgétaire 1990-1991, seulement 292 milliards de FCFA ont été collectés contre le montant prévisionnel de 366 milliards dans le budget (79%) ;de même, seuls 378 milliards de FCFA ont été collectés au titre de l’exercice 1991-1992 contre un chiffre budgétisé de 545 milliards de FCFA (69%). Pour le mois de juin 1992, le gouvernement a estimé que le montant total des taxes non collectées se chiffrait à 355 milliards de FCFA. Le gouvernement rejette la responsabilité du phénomène sur “l’incivisme fiscal et la fraude douanière”. Mais en réalité, leCameroun connaît depuis 1990 une révolte fiscale. Plusieurs raisons expliquent la baisse alarmante du ratio de fiscalisation au Cameroun alors que dans la même période le gouvernement est en bute à de sérieuses difficultés au niveau de la collecte des taxes adoptées par le parlement dans la loi des finances :

      1. Rapports hostiles entre le gouvernement et la communauté des affaires :

        Le gouvernement de la Deuxième République est connu pour son hostilité à l’égard du milieu des affaires camerounais. Cette hostilité est en partie d’origine ethnique et se focalise sur ce qui est perçu comme la domination de l’économie par les Bamiléké. La conséquence d’une telle attitude est que pendant longtemps, le gouvernement a adopté un système de taxation qui semble être conçu pour infliger des pertes et réduire la domination de ce groupe dynamique.

      2. Dépenses publiques ruineuses:

        Il est largement reconnu par le public, que le gouvernement de la Deuxième République a dilapidé, sans rendre compte, l’argent des contribuables. Il s’est lancé dans des dépenses qui ne représentaient aucune priorité ni aucun avantage économique concret pour l’ensemble de la nation.

      3. Corruption et gestion non responsable :

        La corruption flagrante du gouvernement de la Deuxième République dans l’utilisation qu’il fait de l’argent des contribuables est également bien connue. Le grand public pense également que les réserves pétrolières cachées et détenues dans Compte Hors Budget ont disparu à travers les détournements de deniers publics.

      4. Manque de légitimité populaire:

        Depuis les élections présidentielles de 1992, le public pense que le gouvernement de la Deuxième République s’est imposé au peuple camerounais en gouvernant sans mandat10 Ces idées et attitudes adoptées par le public se sont traduites, au fil des ans, par une révolte contre les taxes. Les entrepreneurs et les individus cherchent des moyens pour lutter contre le gouvernement en refusant de lui donner les ressources financières dont il a besoin pour perpétuer sa main mise sur la population. Le SDF pense que le public camerounais est disposé à assumer son devoir civique en payant les taxes lorsqu’il sera convaincu qu’il a un gouvernement responsable aux commandes des affaires. Le SDF est convaincu qu’il est actuellement le seul parti politique qui puisse restaurer cette confiance publique. Le gouvernement SDF introduira des réformes dans le système d’imposition qui permettront le relèvement du taux de fiscalisation à un niveau situé entre 25-30%, qui ne soit considéré ni comme un poids ni comme étant incompatible avec la croissance économique.

    4. Une Vocation Exportatrice Pour L’Economie Camerounaise

      Historiquement, l’économie du Cameroun a affiché une capacité très faible en matière d’exportation en dehors des filières traditionnelles des produits de base agricoles. Sa capacité à exporter des biens industriels d’une valeur ajoutée significative a continué à se limiter à l’aluminium qui est extrait à Edea par ALUCAM utilisant l’hydroélectricité bon marché, disponible dans le pays. L’industrie qui produisait pour couvrir les besoins du marché national s’est trouvée confrontée à une concurrence très vive à partir de 1986, lorsque le Nigeria s’est lancé dans un ajustement structurel accompagné par une forte dévaluation du Naira. La forte baisse de la production industrielle du Cameroun est en partie imputable au maintien d’un taux surévalué du franc CFA entre 1986 et 1994.

      Le gouvernement SDF envisage de restructurer l’industrie camerounaise afin de la rendre résolument exportatrice. Des incitations spéciales seront introduites dans la structure fiscale en vue d’encourager la création d’entreprises qui mettent l’accent sur les exportations dans la région ou au delà. L’expérience passée démontre que la politique de change est un paramètre important pour asseoir la compétitivité d’une économie. Fort de cela, le gouvernement SDF initiera des réformes dans le domaine monétaire, en concertation avec ses partenaires en Afrique centrale, afin de mettre la politique monétaire sous le contrôle effectif des gouvernements signataires su traité de l’Union monétaire d’Afrique centrale.

      La position géographique du Cameroun en fait le centre tout indiqué de la production industrielle dans la région. Les états voisins de la région UDEAC sont trop petits, pris individuellement pour créer une capacité de production dans les divers secteurs à des prix compétitifs. Par ailleurs, le Nigeria a un marché si vaste que sa préoccupation première est de produire pour satisfaire ses besoins locaux. Par contre la taille du marché du lui permet à la fois de produire pour la consommation nationale et être en même temps un exportateur efficace.

      L’incitation la plus importante que le gouvernement peut apporter pour promouvoir les activités d’exportation dans la sous région est l’investissement dans les liaisons de transport et de communication avec les pays voisins. Bien que le Cameroun soit membre de l’UDEAC, tout comme de la Communauté économique des états de l’Afrique centrale (CEEAC), très peu d’investissements ont été fait dans les systèmes de transport et de communication nécessaires pour créer une communauté économique avec ces états. L’échec au niveau de la transformation de la CEEAC et de l’UDEAC en communauté économique est principalement imputable à l’incapacité du Cameroun, qui a la plus vaste économie de toute la région en termes de PIB, à jouer le rôle de chef de fil tant attendu. Outre le fait que l’état des liaisons routières praticables en toute saison entre le Cameroun et les pays sans littoral comme le Tchad et la République Centrafricaine qui dépendent des ports camerounais pour leurs changes extérieurs est encore défavorable, les transporteurs de ces pays sans littoral se sont en plus constamment plaints des tracasseries des forces de maintien de l’ordre camerounaises qui exigent des paiements illicites tout au long des routes qu’ils ont obligés d’emprunter, pour le transport des biens à destination et en provenance de leurs pays.

      De même, il n’existe pas de liaison routières à l’intérieur des pays tels que le Gabon, le Congo et la Guinée équatoriale, qui importent massivement du Cameroun. Par ailleurs le potentiel des échanges camerounais avec le Nigeria connaîtrait une amélioration spectaculaire avec la construction de liaisons de transport et de communication avec ce puissant voisin. En outre, on ne peut établir des relations pacifiques avec le Nigeria, de manière durable, que si l’on permet un essor sans entrave des relations commerciales entre les deux pays.

      Les perspectives pour amener les compagnies étrangères à installer leurs opérations de transformation au Cameroun sont toujours peu reluisantes. La seule compagnie à s’être installée jusqu’à présent est PECHINEY-UGINE KULMAN qui a créé ALUCAM à Edea pour la fusion d’aluminium importé de la Guinée. KAISER ALUMINIUM s’est intéressé à la création d’une fonderie d’aluminium au Cameroun, mais elle a été découragée par le climat politique créé par le gouvernement de la Deuxième République. Pourtant, le Cameroun a les possibilités d’accueillir davantage de compagnies d’aluminium s’il arrive à trouver le financement pour développer les Chutes Nachtigal en vue d’accroître la capacité de production hydroélectrique du pays. A long terme, le Cameroun devrait pouvoir attirer une plus grande participation des investisseurs étrangers lorsque les niveaux des revenus augmenteront et que l’environnement juridique et les compétences techniques des travailleurs s’amélioreront.

    5. Renforcement du rôle du secteur privé

      La privatisation des sociétés d’état vise à marquer le désengagement de l’état des activités économiques qui seront dorénavant laissées aux mains du secteur privé. Le SDF pense que le potentiel des entrepreneurs camerounais n’a pas encore été exploité et que la politique gouvernementale doit s’assurer que ceux qui ont le génie créateur pour risquer leur capital en vue de créer de la richesse reçoivent un appui optimal. La législation en vigueur réglementant la création de sociétés sera révisée pour s’adapter au contexte actuel du Cameroun. Par exemple, Cap 37 de l’Ordonnance relative aux sociétés de la Fédération du Nigeria, qui est encore utilisé dans l’ancien Cameroun austral comme loi relative à la création des entités morales sera amendé et transformé en vue de son adaptation aux conditions spécifiques du Cameroun et sera promulgué comme loi pour être utilisé par ceux qui souhaitent créer leurs sociétés sous cette ordonnance.

    6. Restructuration de la dette intérieure et extérieure

      Le premier signal de la crise économique au Cameroun a été l’incapacité du pays à faire face au service de sa dette extérieure. Le Cameroun est devenu un débiteur chronique auprès de toutes les institutions multilatérales telles que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. L’intervention de la France a été sollicitée en janvier 1993 pour régler les arriérés d’un montant de 110 millions de dollars EU. et éviter au Cameroun d’être placé par la Banque mondiale au statut des pays dont les intérêts ne sont pas comptabilisés.

      Depuis le début de l’ajustement structurel et des réformes économiques au Cameroun, le peuple camerounais a accepté les mesures d’austérité de manière stoïque même s’il pense que son gouvernement n’a ni la légitimité ni l’autorité morale pour lui exiger de tels sacrifices. Entre 1991 et 1993, les salaires de la fonction publique ont été amputés d’environ 70% et cette réduction a été suivie en janvier 1994 par la dévaluation du franc CFA de l’ordre de 100%. Le pouvoir d’achat des camerounais a été amputé de 90% en moins de deux ans. Nulle part en Afrique francophone, de telles mesures n’ont été appliquées. Aucune de ces mesures n’a été accueillie au Cameroun par le genre de troubles observés ailleurs.

      La réponse que le Cameroun a reçue de la Communauté internationale par le canal du Club de Paris dont on attendait l’aide sous forme d’allégement de la dette a été totalement insuffisante. Lors de la réunion du Club de Paris du 24 janvier 1994, les membres du Club ont accepté de réechelonner 450 milliards de FCFA représentant les arriérés de la dette extérieure du Cameroun au cours des deux précédantes années, plus les montants dûs jusqu’en septembre 1995. Les modalités et conditions du service de la dette extérieure faites aux Cameroun sont celles dont bénéficient les soi-disant pays à revenus intermédiaires12. Cependant, les membres du Club de Paris ont promis, qu’à certaines conditions, ils seraient disposés à examiner, après trois (3) ans, la question de la réduction du montant de la dette.

      En novembre 1995, le Cameroun est reparti au Club de Paris pour négocier l’allégement du service de sa dette sans avoir honoré le service de sa dette auprès des membres de ce Club depuis 1994. Le Club de Paris a accordé à nouveau un petit allégement portant sur 341 milliards de francs CFA. Le Club de Paris a réitéré sa promesse d’examiner dans trois ans, l’encours de la dette qui se chiffre à 4 301,7 milliards en 1995.

      Le service prévisionnel de la dette montre que, pour les sept années à venir, le Cameroun ne sera pas en position de faire face au service de sa dette extérieure, régler la dette intérieure qui est actuellement estimée à 2 021 milliards de francs CFA (66% du PIB), fournir les services publics essentiels, investir dans le renouvellement des infrastructures de base et continuer d’avoir un budget équilibré.

      Le système de classement qui a permis de classer le Cameroun comme pays à revenus intermédiaires a fait que les problèmes de la dette du Cameroun n’ont pas reçu une attention correcte. Le SDF pense que ces classifications n’ont pas de sens. Il n’existe actuellement en Afrique que deux catégories de pays : ceux qui sont en faillite et ceux qui ne le sont pas. Le Cameroun se classe parmi les pays en faillite.

      La principale cause de la faillite tient au fait que la croissance économique ne peut pas maintenir le rythme du taux de croissance de la dette extérieure et intérieure. Dans le cas du Cameroun, le PIB s’est contracté de 4066,8 milliards de francs CFA en 1986 à 2778 milliards en 1993, soit une baisse de 32%13. Durant la même période, la dette extérieure globale du Cameroun a doublé, passant de 2,88 milliards à 5,87 milliards. Cela oblige les créanciers du pays à donner un traitement spécial à la dette du pays.

      Par conséquent, le gouvernement SDF poursuivra tout seul la mise en oeuvre des mesures de réformes structurelles évoquées plus haut, sans attendre un accord d’aide hypothétiques du FMI. Toutefois, les négociations avec les institutions multilatérales de même qu’avec les membres du Club de Paris n’auront d’autre objectif que d’aboutir à un accord global de réduction de la dette, ce qui permettra au pays de renouer avec une croissance économique durable sans avoir à se retourner vers le Club de Paris pour la planification du NESPROG.

      Concernant la dette intérieure qui est maintenant estimée à environ 2021 milliards de FCFA (66% du PIB), le gouvernement SDF poursuivra le programme de transformation de la dette en mécanisme de financement qui a déjà été tenté sans succès par le gouvernement de la Deuxième République. Ce programme de financiérisation comportera l’émission d’obligations à long terme qui feront l’objet de transaction à la bourse des valeurs, afin de générer des liquidités. Au fur et à mesure que les efforts en matière d’exportation commenceront à produire des résultats et que les perspectives économiques générales s’amélioreront, la valeur de ces obligations augmentera.

  2. Politique Générale Sectorielle

    1. Réformes monétaires

      Depuis son accession à l’indépendance, le Cameroun fait partie du cadre monétaire de la Zone franc. Il est cosignataire en 1973 du traité de l’Union monétaire avec les pays de la Région de l’Afrique Centrale en vertu duquel les pays ont opté pour une monnaie commune à l’intérieur de la Zone franc. Le traité prévoit également la création d’une banque centrale commune, la BEAC, dont le siège est Yaoundé et qui gérera les réserves extérieures des pays membres à travers un Compte d’Opérations auprès du Trésor français. Le Cameroun est aussi lié par un traité de coopération monétaire avec la France, en vertu duquel le franc CFA est lié au franc français. Grâce à ce traité, le Trésor français garantit la convertibilité du FCFA.

      Au terme du traité de Maastricht relatif à l’Union économique et monétaires européenne, le Franc français disparaîtra, de même que d’autres monnaies européennes qui seront remplacées par l’Euro15 lorsque l’Union monétaire rentrera en vigueur. Bien que le gouvernement français ait déjà indiqué qu’il continuera de garantir la convertibilité du FCFA après l’adoption de l’EURO comme monnaie européenne, le SDF pense que la disparition du FF16 et le retrait effectif de la France de la zone franc est une évolution qui doit être vue par les pays africains comme un signal pour se lancer sur la voie d’une politique monétaire centrée sur l’Afrique, en vue de guérir du syndrome de la dépendance à l’égard de la France. Toutefois, en ce faisant, il conviendra de prendre toutes les mesures possibles pour préserver et consolider les réalisations dans les domaines de la coopération entre pays africains. Par conséquent, le SDF a l’intention, dès qu’il prend le pouvoir d’initier de larges consultations avec les pays d’Afrique centrale et occidentale en vue de la création d’une monnaie commune et d’une banque centrale commune qui aura un statut lui assurant l’autonomie nécessaire dans la défense des intérêts des états membres sans être soumise à des pressions d’aucun groupe. Mais si ces discussions sont infructueuses, le Cameroun créera sa propre monnaie nationale liée au système monétaire international et assumera ainsi la pleine responsabilité de sa politique monétaire.

    2. Système bancaire

      Le système bancaire du Cameroun a été l’une des principales causes de la récession économique entre 1986 et 1994. La conjugaison de la récession économique et de la mauvaise gestion flagrante ont contribué à l’augmentation du nombre des prêts non productifs du système bancaire. La première tentative en matière de réformes bancaires a débouché sur la clôture, en 1989 de la Banque du Cameroun, de Paribas, de la Banque camerounaise de développement (BCD) et de Fonader. Elle a été suivie de la création, le 18 août 1989, de la Société de Recouvrement de Créances (Loan Recovery Board) qui gère un portefeuille de prêts non productifs d’un montant de 618 milliards de FCFA représentant 50315 comptes bancaires. La société de recouvrement de créances, la Banque camerounaise de développement (BCD), Paribas, Société Camerounaise de banque (SCB), BIAO Cameroun, Banque Camerounaise du Crédit et du Commerce International (BCCCI), BICIC, SGBC et de Banque Méridien BIAO Cameroun. La crise du système bancaire du Cameroun est en outre aggravée par le fait que le gouvernement lui-même doit un montant voisin de 250 milliards de FCFA. LaSociété de Recouvrement des créances n'a jusque-là pas réussi sa mission de recouvrement des prêts qui lui ont été confiés conformément à la loi.

      La raison essentielle de cette situation est que l'Etat n'a pas doté la Société de pouvoir juridique nécessaire pour le rendre efficace car certains des débiteurs sont des barons du régime - Entre temps des banques nouvellement créées telles le Crédit agricole du Cameroun connaissent déjà de graves problèmes au niveau des prêts non productifs parce que cette banque est dirigée par des barons du régime qui octroient les prêts avec le même laxisme.

      Des propositions de réformes en cours de discussion avec la Banque mondiale, visent à fusionner les banques et à réduire le réseau des succursale des autres banques. Dans le même temps la Banque mondiale a exigé que l'Etat ne donne plus d'autorisations pour la création de nouvelles banques.

      Le contrôle de la politique monétaire qui sera effectué dans le cadre de la création d'une monnaie africaine, sous-régionale ou camerounaise sera suivi d'une profonde restructuration de l'ensemble du système financier. Les mesures suivantes devront notamment être adoptées:

      Autoriser la création de nouvelles banques : le Gouvernement du SDF devra octroyer au minimum cinq autorisations pour la création de nouvelles banques. Pour la simple raison que le SDF pense que la crise dans le secteur bancaire a conduit à des nombreuses réformes et à la liquidation de plusieurs établissements bancaires ont fait du Cameroun un pays sous-bancarisé.

      Les infrastructures bancaires manquent dans bon nombre de zones urbaines et ne peuvent être desservies par les institutions existantes car elles sont mises en difficulté par l'état et leur portefeuille de prêts non productifs. La création de nouvelles banques permettra de relancer la compétitivité.

      Renforcer les pouvoirs de la Société de Recouvrement de Créances: Le comite de recouvrement des créances doit bénéficier des pleins pouvoirs pour appliquer les procedures juridiques requises pour accélérer les recouvrements des créances.

      Nouvelles Attributions de réglementation pour la société de recouvrement des créances : la Société de recouvrement des créances a été créé dans le cadre d'un système bancaire en pleine déconfiture. Cette déconfiture était due en partie, à l'absence de supervision efficace du système bancaire du pays . Le Gouvernement du SDF doit transformer la Société de Recouvrement des prêts en une institution ayant les mêmes prérogatives que le Trésor.

      Toutes les autres banques et institutions financières devront être obligées d'octroyer des prêts et des avances assortis des systèmes traditionnels de garanties ou de nantissement mais seront aussi contraints par la loi de vendre à perte les prêts non productifs au Comité de recouvrement des créances afin que ce dernier puisse recouvrer les prêts non productifs avec des bénéfices. Ces mesures ont pour objectifs :

      1. d'utiliser la Société de Recouvrement des créances comme institution pour appliquer des pratiques bancaires disciplinées et prudentes;
      2. )de transformer la Société de Recouvrement des créances en une institution à but lucratif ; et
      3. d'ouvrir le capital de la Société de Recouvrement des créances aux actionnaires privés.

      Assurance sur dépôt : un système de protection des dépôts doit être établi par la création d'une institution d'assurance sur dépôt conformément au passage de la législation qui exige que toutes les institutions de dépôts doivent assurer les dépôts pour un certain montant qui devra être décidé dans l'instrument mis en place par la législation. Les institutions d'assurance sur dépôt doivent aussi avoir un droit de regard sur les institutions bancaires pour s'assurer que les banques ne s'engagent pas dans des pratiques qui constituent des risques pour les comptes des déposants.

    3. La Politique fiscale

      Le Gouvernement de la Deuxième République a systématiquement utilisé l'impôt comme moyen pour réprimer les hommes d'affaires. Cette attitude découle de l'antagonisme traditionnel existant entre l'Etat et les hommes d'affaires camerounais qui sont, semble-t-il dominés par un seul groupe ethnique. Le Gouvernement de la seconde République a délibérément poursuivi cette politique erronée et à la limite suicidaire, cherchant à tout prix de "rogner les ailes" des hommes d'affaires camerounais. C'est à cet effet que certains types d'impôts allant à l'encontre des hommes d'affaires ont été introduits. Par exemple, au lieu d'instituer la Taxe à la Valeur Ajoutée (TVA) qui est payée par tous les consommateurs des biens et services au point de vente et collectée par les sociétés qui la remettent à l'Etat, le Gouvernement de la seconde République a préféré créer la Taxe sur le Chiffre d'Affaires (TCA), qui est prélevée en fonction de la taille des Sociétés. Cette méthode a permis à l'Etat de traquer les sociétés qu'il veut reprimer par le biais des impôts. Les Sociétés qui paient la TCA doivent aussi payer des impôts sur bénéfices. Ce sont ces stratégies en matière d'imposition qui ont entraîné les entreprises dans la clandestinité les obligeant à utiliser toutes les techniques possibles pour éviter de payer des impôts.

      Les réformes monétaires doivent donc être accompagnées par un nouveau train de mesures fiscales visant à donner une nouvelle orientation à l'économie. La principale composante de cette politique portera sur des réformes fiscales profondes qui ont pour but de faire de cette politique fiscale un instrument de développement ainsi qu'un complément indispensable à la politique monétaire. Le principal objectif des nouvelles réformes économiques est de mettre en place une économie à vocation exportatrice et d'accroître la contribution du secteur industriel à la formation du PIB. Ces mesures s'appuient toutefois sur les principes suivants : simplication des procédures fiscales ; réduction du nombre de types d'impôts. En particulier les petits impôts harassants qui ne génèrent que des recettes insignifiantes devront être abandonnées tandis que la mise en place d'autres types d'impôts mineurs devraient être laissés à la discrétion des autorités locales telles que les états, les états fédérés, les provinces et les collectivités locales. Au nombre de ces impôts figurent les impôts sur les petites entreprises, les vignettes de véhicules etc... au niveau national, le SDF a l'intention de maintenir trois types d'impôts, notamment, la taxe à la valeur ajoutée, l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux et l'impôt sur le revenu pour les personnes physiques. Un impôt forfaitaire devra être fixé pour les populations des classes à très bas revenus ainsi qu'une taxe de solidarité dans le secteur informel s'élevant au maximum à 2.000 F.CFA (ou un autre montant qui sera fixé par l'Assemblée Nationale). l'élimination du système d'exonération d'impôts qui sera remplacé par un régime d'impôt progressif. l'élimination de tous les impôts sur les capitaux, les actifs et leur remplacement par un impôt sur la richesse ; l'introduction d'une Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) en remplacement de la Taxe sur les Chiffres d'Affaires (TCA) ; la réduction de l'impôt sur les revenus en vue de stimuler l'épargne, les investissements et donc la reprise de l'économie; la réduction du taux des impôts sur les bénéfices industriels et commerciaux qui passera de 37% à présent à un niveau moins élevé afin d'encourager les investissements au Cameroun et l'introduction d'un impôt spécial sur les bénéfices industriels et commerciaux pour les sociétés dont les produits manufacturés sont destinés à l'exportation ; l'élimination de toutes les formes de taxes à l'exportation ; la réduction des droits de douanes sur les véhicules afin de permettre au pays de renouveler son parc automobile qui a été mis à rude épreuve au cours de la récession économique ; une réduction générale et progressive des tarifs sur une gamme variée de biens afin de permettre à l'industrie camerounaise d'être compétitive sur le plan international ; la réforme de l'administration des taxes en associant les systèmes de facturation et de collecte ; la modernisation des procédures fiscales, la rationalisation et la simplication des contentieux fiscaux, par exemple, la généralisation du système de compensation; la mise en place d'un code de déontologie des fonctionnaires des impôts qui les obligera à faire une déclaration sur les biens qu'ils possèdent lorsqu'ils entrent dans le service et de se soumettre à des contrôles permanents et réguliers. Ils devront être responsables des cas repréhensibles tels que corruption, détournements de fonds et abus de pouvoir devant le juge à la demande de l'Etat ou des contribuables ; l'introduction d'un compte contribuable personnel au nom de chacun des contribuables. Ces réformes ne peuvent être efficaces que si elles sont accompagnées: d'un récensement démographique général ; une enquête général permettant de classer les contribuables par secteur d'activité ; d'une enquête permettant d'identifier tous les rues, maisons et quartiers de toutes les communes urbaines ; de rationaliser toutes les normes de production, de transformation et de distribution dans tous les secteurs économiques (agriculture, commerce, industrie, banque, assurance etc).

    4. Exploitation minière

      L'industrie pétrolière est en baisse au Cameroun après un record de 9,1 millions de tonnes atteint en 1985. Les cours du pétrole au niveau mondial à la fin des années 70 ont entraîné une exploration plus intensive qui a permis de déterminer 40 millions de tonnes de réserves confirmées. Il a été estimé que si le rythme de production actuelle (4,7 millions de tonnes en 1995) est maintenu, les réserves confirmées seront épuisées en l'an 2000. L'industrie pétrolière a pendant longtemps estimé que le code du Cameroun en matière d'hydrocarbures est peu intéressant. De plus, les cours du pétrole ont baissé de sorte qu'une exploration intensive ne peut être envisagée dans le cadre du code sur les hydrocarbures. Cela a été l'élément majeur qui a freiné l'exploration et les travaux de développement depuis 1986. Par conséquent, aucune découverte de pétrole n'a été effectuée sur la plate-forme continentale depuis près d'une décennie. Les réserves confirmées s'épuisent rapidement et le cameroun risque de devenir un importateur net de pétrole au début du 21e siècle. Dans le même temps de nouvelles découvertes ont été obtenu des conditions plus intéressantes qui reflètent les prix actuels pratiqués sur le marché pétroliers mondial . Le Gouvernement du SDP devra prendre des mesures visant à attirer de nouveau les capitaux pour l'exploration au Cameroun afin de redynamiser l'industrie pétrolière et remplacer les réserves de pétrole qui sont épuisées. Les mesures à prendre dans le secteur des mines se fera par la voie législative et devraient viser à :

      • reformer le code des hydrocarbures afin d'encourager des travaux sismiques et effectuer des forages sur des terrains vierges ;
      • accroître les marges bénéficiaires des Sociétés pétrolières à condition qu'elles reinvestissent les excédents de leurs bénéfices pour continuer la recherche et l'exploitation ;
      • Encourager les petites et moyennes entreprises à créer des partenaires dans le domaine de l'exploitation minière en leur offrant des moyens pour l'importation des équipements et fournitures nécessaires pour les opérations minières ;
      • restructurer la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) afin que ses opérations soient plus transparentes et puissent être présentées au public.
    5. Energie

      Le rôle de la SONARA en tant que producteur des produits pétroliers pour l'économie camerounaise est stratégique. Depuis sa création la SONARA n'a jamais pu atteindre sa capacité installée qui est de 1,0 million de tonnes en grande partie en raison des besoins nationaux du Cameroun qui tournent encore autour de 500 000 tonnes par an. L'état possède 66% des intérêts dans la SONARA, tandis que les 34% restants appartiennent à des privés étrangers. Bien que la dévaluation du Franc CFA en 1994 ait entraîné une baisse d'importations frauduleuses de produits pétroliers en provenance du Nigéria. La SONARA doit tout de même subir une restructuration afin d'améliorer l'efficacité de sa production afin qu'elle puisse aussi exporter sa production excédentaire. Le SDF privatisera en partie la SONARA en vendant des actions en quatité suffisante aux sociétés pétrolières privées afin d'être minoritaire dans la société. Depuis la création de la Société de bitume rattachée à la SONARA, la production de bitume a été très insignifiante car il n'y a pas eu de grands projets de construction de routes dans le pays. Le programme routier qui sera exécuté dans le secteur du transport nécessite une source nationale de bitume. Afin d'encourager la production de bitume par la SONARA, le Gouvernement du SDF abolira les contrôles de prix sur le bitume afin que la production puisse être vendue aux entrepreneurs à des prix qui tiennent compte du cours en vigueur sur le marché mondial. Les entrepreneurs pourront utiliser les prix libéralise de SONARA pour préparer les appels d'offres de construction de routes dans le cadre de NESPROG.

    6. Développement agricole et rural

      Au cours de la première République, où le Cameroun est devenu un pays exportateur de pétrole, le Gouvernement du président Ahmadou Ahidjo a instauré le Compte Hors Budget pour masquer les revenus pétroliers en arguant que l'Etat ne voulait pas que le pétrole déstabilise l'agriculture camerounaise car "avant la découverte du pétrole il y avait l'agriculture et après le pétrole il aura encore l'agriculture". Au cours de la seconde République la gestion des revenus pétroliers par le biais du CHB a continué car il était bon de maintenir ce flou qui entourait la gestion des revenus pétroliers. Alors que le Cameroun s'apprête à rentrer dans le 21è siècle, il se rend compte que ses réserves pétrolières ont complètement disparues sans que l'Etat n'ait fait des efforts pour les reconstituer. De toute évidence le Cameroun sera un importateur net de pétrole au 21e siècle. Les sources de recettes en devises permettant de soutenir les factures d'importations de 600 000 - 700 000 tonnes de pétrole par an ne se profilent pas encore à l'horizon. Dans le même temps l'agriculture étant le secteur sur lequel le Cameroun devrait se rabattre après l'épuisement des réserves de pétrole n'a pas non plus été développée. Bien au contraire les productions agricoles destinées traditionnellement à l'exportation ont baissé car elles n'ont pas été soutenues par le Gouvernement de la Seconde République. Si la production de cacao a stagné pendant les 14 dernières années, celle du café a été à un niveau le plus bas jamais égalé au cours de ces trente dernières années . Selon la Banque mondiale, la production agricole du cameroun, a connu une chute catastrophique entre 1988 et 1999 . Afin que l'agriculture camerounaise soit le vrai moteur du développement économique au lieu d'en faire un instrument de soutien à la bureaucratie politique et administrative vivant de la sueur des exploitants agricoles, un système juridique et financier doit être mis en place par le Gouvernement du SDF pour protéger et promouvoir les intérêts de ces exploitants agricoles au nombre de ces mesures à prendre figurent, entre autres : la formulation de réglementation pour l'introduction de normes de qualité, de définition des normes des produits dans l'agriculture, l'élevage, la pêche et la foresterie sur les marchés nationaux et internationaux. Cette réglementation sera régie par les normes de la Fédération internationale des organisations agricoles. l'introduction d'une réglementation visant à faire des unions cooopératives et autres ONG opérant en zones rurales des instruments plus efficaces de soutien à la population rurale, notamment en ce qui concerne l'introduction de nouvelles techniques culturales, et de facteurs de production agricole, la collecte, la transformation et la commercialisation des produits agricoles. La réglementation doit être conçue de telle sorte que des structures plus adaptées pour véhicule que des ressources financières dans l'agriculture, la foresterie, l'élevage et la pêche ; le programme routier aura pour objectif de fournir les infrastructures nécessaires à l'économie pour lui permettre de se libérer des produits agricoles d'exportation non périssables tels que le café, le cacao, et le coton pour s'adonner à la culture vivrière à grande échelle. Ces produits vivriers qui sont périssables ne peuvent être développés que dans la mesure où le réseau routier permet de se déplacer rapidement des exploitations vers les marchés à des coûts raisonnables. le SDF devra aussi lancer un programme de sécurité alimentaire qui comprendra la construction de silos à céréales pour préparer le pays à affronter des pénuries alimentaires imprévues. Le programme de silos à céréales consistera à acheter des céréales auprès des exploitants agricoles à des prix garantis et à les stocker dans les entrepôts à des endroits stratégiques du pays. Ces céréales peuvent être revendus aux organismes de secours s'il y a lieu pour mobiliser des devises.

    7. Foresterie Au cours de ces dernières années les camerounais ont assisté à une exploitation anarchique de leurs réserves forestières par différents opérateurs. Le rythme d'exploitation forestière a permis de tirer la sonnette d'alarme dans tous les secteurs surtout chez les écologistes. Le public camerounais se plaint aussi du fait que les grumiers ont contribué énormément à la destruction du réseau routier et ont rendu les routes impraticables. En 1993/94 l'exploitation forestière a permis de gagner 156 milliards de francs CFA en devises soit 23% des recettes totales en devises cette année-là. Il faut limiter la quantité de bois exporté sous forme de grumes afin de promouvoir les transformations sur place et d'exporter les produits dérivés du bois avec une forte valeur ajoutée tels que le placage et le contre-plaqué ; Il faut introduire des réglementations exigeant de plus en plus l'utilisation du bois dans le bâtiment et la construction en vue d'accroître la demande nationale en produits dérivés du bois et réduire les dépenses liées à l'achat de ciment et autres matériaux de construction Conformément à la politique en matière environnementale indiquée plus haut, il faut limiter l'abattage des essences rares et interdire totalement leur importation et imposer la reforestation obligatoire pour compenser l'exploitation de ces essences rares.
    8. Le secteur industriel Le Cameroun a une base industrielle encore très faible étant donné que le secteur manufacturier avec des produits à valeur ajoutée est toujours dominé par 30 sociétés dont les plus importantes sont la société camerounaise de Brasserie SONARA et Alucam. En général, l'industrie des boissons et tabac qui comprennent d'autres brasseurs tels Guiness et l'Union Camerounaise de brasserie (UCB) représenté presqu'un tiers des produits à valeur ajoutée du Syndustricam. Au cours de ces dix dernières années, le secteur industriel a été réduit de plus de 30%. Par exemple en 1985/86 a annoncé des ventes s'élevant au total à 534,8 millards et des effectifs de 57,715 employés. En mars 1993, les ventes de Syndustricam ont été réduites à 346864 avec des effectifs de 17779 employés. Cela représente une baisse de 36% des revenus et de 70% des effectifs. La contribution globale du secteur industriel est passée à 11%. Le Gouvernement SDF devra prendre des mesures pour redynamiser l'industrie camerounaise de sorte qu'à la fin du programme de NESPROG, la contribution du secteur industriel ou PIB puisse se situer entre 20 - 30%. Les mesures à prendre pour réaliser ce programme d'industrialisation sont les suivantes : L'industrie sera fondamentalement à vocation exportatrice et non une industrie de substitution ; les tarifs devront être progressivement réduits dans tous les secteurs pour une gamme variée de biens afin de rendre compétitive l'industrie camerounaise et la forcer à être compétitive au niveau des exportations ; le taux des taxes sur les bénéfices des sociétés devra passer du taux actuel de 37% un niveau qui permettront d'attirer les sociétés étrangères au Cameroun ; un taux spécial de taxe sur les bénéfices des sociétés sera crée pour les sociétés dont les produits manufacturés sont destinés à l'exportation, mais qui ne sont pas dans la zone franche ; la campagne visant à attirer les sociétés dans la zone franche devra s'intensifier.
    9. Média

      La radio et la télévision devront être libéralisées afin de faciliter l'entrée dans le secteur, d'opérateurs autres que l'Etat. Le rôle de l'Etat dans les médias devra être entièrement revu. A cet effet, 'Etat devra abolir toutes formes de censures afin de contribuer à l'émergence d'une presse libre et compétitive. Cependant, le journalisme responsable devra être encouragé en demandant aux journalistes d'édicter leur propre déontologie et renforcer les sanctions pour calomnie et diffamation ;

      Afin d'utiliser plus efficacement la TV, l'Etat devra vendre par le système de franchise des plages horaires de la TV à des opérateurs privés qui produiront des programmes selon un contenu et un format qui ont fait l'objet d'un accord. Ces opérateurs devront engager leur personnel pour concevoir des programmes visant à remplir les plages horaires qui leur ont été données. Cette méthode permettra de stimuler une programmation créative à la TV qui reflète plus le goût des consommateurs que des objectifs politiques. (x) Transport et commmunication Afin d'encourager le développement rapide de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, l'Etat devra promouvoir la libre circulation de l'information, des biens et des personnes tant dans le pays que dans la sous-région. A cet effet, les mesures suivantes doivent être prises : Les télécommunications devront être partiellement privatisées : A cet effet, l'Etat devra créer une société publique à responsabilité limitée, pour exploiter le réseau des télécommunications. Un partenaire étranger de grande envergure devra être invité à prendre des actions dans la société et devenir "le partenaire d'exploitation". Cependant, l'Etat devra maintenir le garder le contrôle global de l'orientation du développement futur en vue de s'assurer que l'expansion future est conforme à la stratégie économique qui vise à installer des industries à vocation exportatrice ; Expansion d'un programme de télécommunications rurales : De vastes zones du pays ne sont pas encore accessibles par téléphone. Il s'agit aussi d'importants centres administratifs du pays. Afin de renforcer son programme de décentralisation par l'introduction d'un Gouvernement de type fédéral, le SDF devra introduire un programme de télécommunications rurales utilisant la technologie disponible sur le marché, afin de veiller à ce que les divisions administratives soient reliées par téléphones ; La libéralisation du secteur du transport par la privatisation de Cameroun Air Lines, Cameroun shipping Lines et la REGIFERCAM Programme routier Le Cameroun est encore handicapé par l'insuffisance de ses infrastructures routières. Des régions entières du pays sont totalement inaccessibles en saison de pluie. Au cours des première et seconde Républiques, on constate un déséquilibre au niveau des investissements en matière de programmes routiers dans le pays car certaines régions ont reçu une plus grande part des investissements de l'état. Le Gouvernement SDF devrait entreprendre un vaste programme de routes avec l'aide des institutions internationales de prêts en vue de construire au minimum 6500 km de routes praticables en toute saison pendant une durée de 10 ans. Les programmes routiers auront deux objectifs principaux : L'intégration physique du pays :

      A cet égard le programme routier devra veiller à ce que :

      1. toutes les régions de chaque Division administrative soient accessibles au siège de la Division ;
      2. toutes les routes interprovinciales soient carrossables toute l'année ;
      3. toutes les routes reliant les provinces aux principaux centres politiques et économiques soient carrossables toute l'année. Une priorité spéciale sera accordée aux axes routiers suivants :
        • Foumban/Bankim/Banyo/Tibati Ngaoundere ;
        • Yaounde/Nanga Eboko/Bertoua ;
        • La Circulaire (Bamenda/Kumbo/Nkambe/Wum/Bamenda)The end

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