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La Gestion Economique Du Cameroun Sous La Première République (1960-1982)

De 1960 à 1982, le Cameroun était considéré comme l’un des pays les plus économiquement stables en Afrique, sous la présidence du Président Ahmadou AHIDJO. Le pays a connu une période de croissance soutenue de son PIB pendant près de vingt ans. L’age d’or du développement économique s’est situé entre 1974 et 1980, période durant laquelle le pays a tiré avantage du boom des produits primaires (café, cacao, coton). Dans le souci de diversifier la base de ses exporations, le pays a favorisé le développement de la production de coton dans la region sahélienne des provinces du sud-ouest. Ces investissements ont complété les grandes exploitations de palmier, d’hévéa et de thé qui ont été dévéloppées dans le CDC et dont certaines remontent à la période d’occupation du Cameroun par les Allemands.

La proclamation de la Revolution verte au cours des annees 70 a également permis au Cameroun de prendre le train de l’autosuffisance alimentaire. Le succès de la Révolution verte a permis au Cameroun, non seulement de se nourrir, mais aussi de devenir exportateur net de produits alimentaires au profit d’autres pays dans la région de l’UDEAC.

Le pivot de l’économie était certes l’agriculture, mais une base industrielle solide a été créée, permettant au secteur industriel d’apporter une contribution significative au PIB. En 1985, SYDUSTRICAM affichait des recettes globales de F CFA 534,8 milliards et un effectif total de 57 715 travailleurs, pour une masse salariale totale de FCFA 31,6 milliards.

Le pays était connu pour sa gestion economiquement stable et prudente caractérisée par un fort taux d’investissement et une formation du capital élevée, par des politiques saines en matière de finances publiques, un excédent de la balance des paiements et un systeme bancaire dynamique et liquide. Le développement était essentiellement financé par les ressources locales à travers le budget d’investissement et continuer à maintenir la discipline d’un budget équilibré.

Les Principales Réalisations De La Première République

Le Gouvernement de la Première République a reussi à jeter les bases d’une économie solide, en founissant les infrastructures de base d’un pays tourné vers la croissance. Elle a mobilisé des ressources extérieures pour financer les infrastructures vitales de l’économie camerounaise telles que :

  • La construction de la voie férroviaire Trans-Cameroon reliant Douala a Ngaoundéré (903 km) qui a fourni un liaison vitale entre les provinces du nord et Yaoundé et le port de Douala ; le réseau ferroviaire comportait également l’extension de la ligne en direction de Nokongsam et un embranchement de Mbanga a Kumba ; Regifercam exploite actuellement un réseau de 1104 km de de voies ferroviaires avec 61 locomotives diesel et 1350 wagons ;
  • La construction de la route Ngaoundéré / Maroua concue pour relier les provinces du nord et Yaoundé et le Tchad a la tete du chemin de fer a Ngaoundéré ;
  • La création en 1971 d’une compagnie de navigation aérienne, Cameroon Airlines, et l’acquisition d’une flotte d’avions dont le Boeing 747 Combi financée par EXIMBANK des États Unis et mis en service en Avril 1981 ;
  • La construction, a Victoria, d’une raffinerie de pétrole avec une capacité 41 000 barils / jour et la création de SONORA en 1981 ;
  • La création d’une compagnie de navigation maritime, Cameroon Shipping Lines, en 1974 et l’acquisition de six navires cargo ; Camship et le Conseil des chargeurs ont été restructurés et continuent de permettre au Cameroun de jouer un role dans le secteur des transports maritimes ;
  • La création, en 1975, d’une société de sucre, Cameroun Sugar Company (CAMSUCO) (28 000 T/ an) a Bandjock ayant mission de produire du sucre pour couvrir une partie des besoins du pays, suivie de la création d’un autre complexe sucrier sous la tutelle de SOSUCAM (26 000 T/an) ;
  • La création de HEVECAM en 1975 et l’heveaculture sur des terres d’une superficie de plus de 15 000 hectares a Kribi ; elle a produit et exporte en 1995 26 145 tonnes de caoutchouc ;
  • La création en 1974 de SODECOTON chargee de promouvoir la production de coton dans les provinces nordiques du Cameroun ; la Sodecoton produit actuellement autour de 175 000 tonnes de coton, 8 900 tonnes de pétrole raffine ;
  • La conclusion d’accords de financement et l’attribution des marchés de construction de l’axe routier de Douala / Yaoundé en 1981 et de l’axe routier Yaounde / Bafoussam / Bamenda ;
  • La construction a Cape Limbo à Victoria d’une raffinerie de petrole d’une capacité de 1 million de tonnes qui a été inaugurée le 16 Mai 1981 ;
  • La conclusion des négociations portant sur la création de la chaîne de télévision du Cameroun ;
  • L’expansion de la capacité des installations hydroélectriques d’Edéa à 263 MW, la construction d’unités additionnelles de production a Song-LouLou et la construction d’un barrage hydro-agricole à Lagdo sur le fleuve Bénoué avec une centrale électrique de 72 MW ;
  • L’installation, en 1953, d’une fonderie d’aluminium à Edéa (ALUCAM) qui est maintenant un grand exportateur de métal aluminium ;
  • La demande d’une étude relative au projet de papier, Cellucam, à Edea a été fructueuse en ce sens qu’elle a permis de demontrer la capacité du pays à attirer des capitaux grâce à son classement au plan des crédits. Cependant c’est le seul projet que l’on peut qualifier d’éléphant blanc sous le Gouvernement de Président Ahidjo. C’est malheureux qu’après une explosion survenue dans l’usine en mars 1982, l’usine de papier, d’une capacité de 126 000 T qui a coûte FCFA 90 milliards soit paralysée.

La confiance du milieu des affaires à l’exterieur avait atteint un niveau élevé en croissance. La confiance extérieure mesurée par la dette privée non garantie (DPNG) en pourcentage de la dette extérieure totale a donné, en 1982, un ratio de confiance du milieu des affaires extérieur de 15%. En 1981, par exemple, selon la Chambre de Commerce, 281 nouvelles sociétés ont été creees au Cameroun réparties entre 108 entreprises pour le négoce, 78 sociétés industrielles, 60 dans les services financiers, 20 dans le secteur de la construction et 15 dans l’agro-industrie. Le Cameroun est l’un des rares pays en Afrique à avoir atteint l’autosuffisance alimentaire et à avoir réalisé les niveaux d’alphabétisation les plus élevées de tout le continent.

Le Cameroun jouit également d’une très bonne marge de manoeuvre au plan de l’indéependance et de la souveraineté dans ses prises de décisions économiques. Avec un ratio de souveraineté dans ses prises de decisions economiques. Avec un ratio de souverainete stabilise a un multiple de 3, le Gouvernement camerounais a su prendre d’importantes decisions, mu uniquement par les meilleurs interets du pays plutot que sous la ferue de pressions exterieures .

Enfin, il y a eu une etroite correlation entre le developpement economique du pays et la promotion de l’identite nationale grace au renforcement de l’unite nationale malgre la grande diversite ethnique, regionale et linguistique.

A la fin du regne du President Ahmadou AHIDJO, le Cameroun a herite d’une situation financiere solide. Ce dernier a demissionne au milieu du cinquieme plan quiquennal de developpement (1981-86) qui prevoyait un taux de croissance economique annuel de 7% les projections situant le PIB a FCFA 2,000 milliards ($ 7,1 milliards) en 1986.

Le Cameroun est devenu, en 1976, un pays producteur de petrole lorsque ses premiers puits petroliers a Rio del Rey sont officellement entres en production. En 1982, le petrole etait deja la plus importante source de revenus du budget public. Mais, l’une des plus grosses erreurs commises par le regime AHIDHO a été de ne pas etablir un systeme de comptabilite transparent pour les revenus petroliers et a creer le Compte Hors Budget, qui n’etait pas specialement couvert par la loi des finances, l’on peut dire que l’initiative de ne pas mettre sous controle du Parlement une partie importante des recettes fiscales a été un echec. Il a ainsi fait le lit aux abus commis par la Deuxieme République dans sa gestion des revenus petroliers et a fini par ruiner l’économie.

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