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Un Bref Aperçu de l'homme NI JOHN FRU NDI

Ni John Fru Ndi, le président du Social Democratic Front (SDF) est un cadre supérieur doublé d'un fin politique. Il est né le 7 Juillet 1941 à Baba II dans la périphérie de Bamenda, capitale de la province du Nord Ouest au Cameroun. A sa naissance on lui attribue le titre de "Ni" qui signifie "notable respectable" dans le dialecte local . Il est l'aîné d'une famille de 16 enfants. Deux de ses frères sont aujourd'hui décédés.

Il commence ses études au Baforchu Basel Mission school ainsi qu'au Santa Native Authority school au Cameroun d' où il sort en 1957. Il opte ensuite pour le financement personnel de ses études en choisissant le Lagos City College au Nigéria voisin. Il travaille ensuite comme Officier du Traffic à Ikeja Airport à Lagos. L'abnégation au travail, l'intelligence, l'honnêteté ainsi que son dévouement valent à Ni John Fru Ndi d'obtenir une bourse de "Aero Contractors" en vue de mener des études de pilote à l'ecole de l'air "Zaria Flying School" au Nigéria dans les années 60. Malheureusement pour lui la guerre civile du Biafra anéanti complètement ses plans d'études. Il retourne au Cameroun au plus fort de la guerre du Biafra.

Ni John Fru Ndi, dès son retour au Cameroun crée la "Bamenda Vegetables Society". Il se diversifie très rapidement dans la presse écrite et devient l'Agent distributeur attitré de la presse dans la province du Nord-Ouest pour "Cameroon Outlook" et "Cameroon Times". Il construit ensuite son propre kiosque à journaux à Bamenda et se met à importer et a vendre Magazines et journaux étrangers. Un témoignage de l'un de ses vieux compagnons de route raconte ceci :

"Ni m'a été présenté alors que j'étais l'éditeur de "Cameroon Times" en 1969?Ni a rapidement adhéré à la politique qui consistait à changer les résultats mensuels de ses ventes contre de l'argent liquide tandis que la plupart des vendeurs de journaux investissaient l'argent de leurs éditeurs dans leurs propres affaires. Ni s'assurait ainsi de pouvoir transmettre l'intégralité des revenus à son éditeur ses frais de commission en moins".(2)

Un incident va conduire Ni John Fru Ndi à ouvrir sa propre librairie. Alors qu'il vient acheter un livre pour une belle-s?ur (installée aujourd'hui aux Etats-Unis) le propriétaire de la librairie se montre impitoyable et très arrogant présentant des prix exorbitants pour les livres. Ni John Fru Ndi essaye alors de négocier les prix mais le vendeur fait la sourde oreille et le somme de payer le prix taxé ou de prendre la porte. Cet incident le décide à ouvrir sa propre librairie afin de casser le monopole établi. Il crée dans la foulée le "Ebibi Book Center" qui deviendra des années plus tard une grande chaîne de librairies avec des points de vente à Yaoundé, Garoua et Mamfé. Ebibi deviendra même l'agent au Cameroun de livres de références, américains, canadiens et du Royaume Uni ainsi que de matériels et d'équipements de bureaux.

"J'admire sa rigueur dans les affaires et son exceptionnel don du bon sens. Il avait d'excellentes manières. A "Ebibi Book Center on pouvait lire sur la porte "Frappez et Entrez "et à tout moment de la journée il n' y' avait pas moins de 5 à 6 personnes à discuter avec lui. Son bureau etait orné de slogans et d'épigrammes. Dans sa chambre on pouvait trouver remarquablement juxtaposées les photos de John F. Kennedy et du pourfendeur des droits civils le Révérend Dr Martin Luther King Junior (3).

Mr Fru Ndi est notamment renommé pour consacrer généreusement les profits nés de ses affaires aux offres de bienfaisance. Cette générosité va au-delà des traditionnelles frontières ethniques, politiques ou réligieuses. Parmi les établissements de santé et les écoles qui bénéficient de ses donations on trouve notamment : le Manyemen & Mbingo Leprosy Centers, le Sacred Heart College, Our Lady of Lourdes Secondary School, le Presbyterian Secondary School, le Cameroon Protestant College, Longla Comprehensive College, Njinikijem Baptist College. Il a été l'une des premières personnes à se trouver sur le site de la catastrophe du Lac Nyos en 1987. Il a soigneusement rédigé un témoignage sur l'accident et n' a pas ménagé ses efforts pour apporter la meilleure aide possible aux survivants de cette catastrophe.

Ni John Fru Ndi a été pendant une décennie Président Général de P.W.D Football Club, à l'époque seul Club de football de sa province en première division nationale. Il a également été président du Lions Club International de Bamenda, il a participé à plusieurs conférences internationales au nom du Club. Bien que presbytérien, il est membre et patron de la confessionnelle Catholic-led Focolare Movment. Il etait conseiller à la mairie de Bamenda et se présente au parlement en 1988. Ni John Fru Ndi poursuit en parallèle des cours de management durant ces années où il officie comme Cadre Supérieur. Il suit notamment des cours de management au Royaume Uni sous les auspices du Service Culturel Britannique. La vie de Ni John Fru Ndi prend un tournant dramatique en 1990 lorsque lui et 11 de ses plus proches associés décident de fonder un parti politique afin de combattre la dictature du parti unique qui dirige le Cameroun depuis l'indépendance. Il a beaucoup voyagé.

En 1984, j'ai vu Ni John Fru Ndi sonder les étudiants sur le type de gouvernance qu'ils souhaitaient pour le Cameroun. Il a enquêté et recueilli leurs griefs contre le régime. Je pouvais alors prévoir qu'il se préparait lui-même pour une activité politique. Mais je ne pouvais imaginer la force et le courage qui l'animaient pour son entrée sur la scène politique(4).
Le 26 mai 1990, contre toute attente et malgré la présence à Bamenda d'une patrouille de 2000 policiers armés jusqu'aux dents, Ni John Fru Ndi lance le Social Democratic Front (SDF). Des sources indépendantes estiment la foule au lancement du parti à 80.000 personnes à ce moment là. Six jeunes gens non armés sont abattus par la police après le rassemblement. Le refus de toute compromission de Ni John Fru Ndi surprend plus d'un observateur y compris ses plus proches associés. Ignorant les mises en garde de personnalités éminentes et certains membres de sa famille sur le projet SDF, il place ainsi avec beaucoup de passion l'intérêt général avant tout autre intérêt.
Aujourd'hui au Cameroun, il y'a deux catégories de politiques: ceux du ventre et ceux des principes. Ni John Fru Ndi a déjà montré par les mots et les actes qu'il est un homme politique de principes (5)

Depuis 1990 il a été réélu à deux reprises à la tête du SDF : en 1992 et en 1999. En 1999, il recueille 97% des votes des délégués du parti contre 3% à son challenger. En 1992 il est candidat à l'élection présidentielle au Cameroun de l' "Union pour le changement" Une coalition d'au moins 20 partis politiques et associations dont le SDF.

Ni John Fru Ndi croît fermement avoir remporté les élections présidentielles au dépend du président sortant Mr Paul Biya. Mais au lieu de saluer le vainqueur de cette élection Mr Biya assigne Ni John Fru Ndi en résidence surveillée et se proclame vainqueur et Président élu. Les organisateurs officiels de l'élection accordent en effet 39% de voix à Mr biya contre 37% à Ni John Fru Ndi. Des observateurs indépendants ainsi que la "National Democratic Institute of the United States" dénoncent des irrégularités pendant ce scrutin. Ni John Fru Ndi a toujours rejeter tout tentative d'intimidation à l'exil par le régime de Yaoundé et toute récupération politique.

Ni John Fru Ndi detient le titre de Chevalier de l'Ordre du Mérite camerounais Il s'est vu attribué par la presse à deux reprises le prix de l'homme de l'année au Cameroun ces dernières années. Il détient également le prix de la ville américaine d'Atlanta pour sa contribution spéciale au progrès humain. Il est cité dans le "Who Is Who in the World" publié aux Etats-Unis. Ni John Fru Ndi a rencontré de nombreux Grands personailites à travers le monde. Le président Américain Bill Clinton dont il fut l'invité d'honneur lors de son investiture en Janvier 1993, ou encore l'ex-Président Sud Africain Nelson Mandela. L'archevêque Desmond Tutu lui a rendu visite en 1992 lorsqu'il était en résidence surveillée. Ni John Fru Ndi est marié à Madame Rose Ndi (décédé en 2005)et père de 9 enfants. Sa première épouse Madame Susan Ndi est décedée tragiquement en 1973 lors d'un accouchement. Références:

(2-5) Témoignage de feu Jérôme Gwellem (FIPI), en 1996. Feu Jérôme Gwellem a fait des études de journalisme à I.I.J. Berlin (Allemagne), Newspaper Institute of America, New york, et à The Thompson foundation Editorial Study Centre à Cardiff(Royaume Uni). Ancien consultant à la Fédération Internationale de Journalistes(Pragramme Africain de Journalisme). Ancien correspondant pour Times, Newsweek, the Quill, Associated Press (USA), le Daily Mirror(Royaume Uni), Sunday Times & Argus (Afrique du Sud). Fondateur de l'institut Camerounais de journalisme. Nommé par décrêt présidentiel membre du conseil Camerounais de la communication en 1993. Auteur de plusieurs livres et articles.

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