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DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE SDF ET UDC A L’OCCASION DE L’EXAMEN DU
PROJET DU BUDGET ANNEXE DU MINISTERE DE POSTES ET TELECOMMUNICATION EXERCICE
1999/2000 PAR LA COMMISSION DES FINANCES LE 20 JUIN 1999.
L’examen du project de budget annexe du Minister des Postes et
Télécommunications par la Commission des Finances a été marqué par un serious
incident le dimanche 20 juin 1999.
En effet à la fin de la discussion sur le projet, le SDF a soulevé une motion
pour son rejet. La motion n’ayant pas fait l’objet d’une contre-motion aurait dû
normalement, être considéré comme votée. Malheureusement, le Président de la
Commission des Finances en violation du principe du droit internationalement
reconnu en la matière qui dit qu’une motion qui ne fait pas l’objet d’une
contre-motion est considéré comme votée, a tenté de contourner ce principe en
essayant de donner la parole au Ministre délégué Chargé des Relations avec les
Assemblées.
Devant l’opposition des députés du SDF et de l’UDC, il fait marche arrière mais suscite aussitôt une contre-motion manifestement tardive et inacceptable. Ne pouvant pas arrêter cette dérive les députés du SDF et de l’UDC se
désolidarisent en se retirant. Pourquoi en est-on arrivé là ?
Une loi de novembre 1998 a libéralisé le secteur des Télécommunication et crée trois organismes para-publics à savoir: CAMTEL, CAMTEL-MOBILE et AGENT DE
RÉGULATION DES TÉLÉCOMMUNICATIONS (ART).
A la suite de cette loi, le ministre d’Etat Chargé de l’Economie et des Finances et le Ministre des Postes et Télécommunications ont co-signé un arrêté N° 21/MINIEFI/MINPT LE 26 mai 1999, instituant une période transitoire s’achevant au 30 juin 1999 au bout de laquelle le Ministère des Postes doit être transféré à CAMTEL, CAMTEL-MOBILE et ART l’intégralité des réseaux de Télécommunications, (personnel, biens meubles et immeubles) appartenant précédemment à la Direction des Télécommunications et à INTELCAM.
Le même arrêté précise que CAMTEL assure à compter du 1er juillet 1999 au plus tard l’émission et le recouvrement des factures. Il en va de même de
CAMTEL-MOBILE en ce qui concerne l’émission et le recouvrement des factures du
téléphone mobile.
En clair, au 1er juillet 1999, il ne reste plus au Ministère des Postes et des Télécommunications que des missions de tutelle pour environ 149 agents si on met de côté le personnel de la Direction des Postes qui devra lui aussi être reversé à la Société Nationale des Postes du Cameroun (SNPC) déjà créée.
Le dimanche 20 juin 1999, le Ministre des Postes s’est donc présenté devant la Commission des Finances pour défendre un budget équilibré en recettes et en
dépenses à 22.425.000.000f.cfa. L’examen par les commissaires a révélé les
bizarreries suivantes :
RECETTES.
- Contribution CAMTEL au budget du MINIPOSTEL :- 616.380.000.000F.cfa
Les commissaires ont estimé cette somme exagérée compte tenu de la réduction
drastique des prestations du MINPOSTEL à CAMTEL à partir du 1er juillet 1999. En
plus ils ne savent pas sur quels critères ce montant, a été déterminé puisque au
jour d’aujourd’hui, la clé de répartition des recettes entre CAMTEL et le
MINPOSTEL n’est pas encore connu et le passif de la Direction des
Télécommunications doit être transféré à CAMTEL et à CAMTEL-MOBILE. Ne s’agit-il
pas d’un détournement déguisé ?
- Recouvrement et contentieux (BLR) :- 1.000.000.000F.cfa
Il s’agit ici des factures téléphoniques impayées au 30 juin 1999. A compter du 1er juillet 1999, toutes les structures et le personnel d’INTELCAM et de le
Direction des Télécommunications sont transférés à CAMTEL.
Les Députés se demandent donc comment le MINPOSTEL va procéder à ce
recouvrement, ce dossier relevant désormais de CAMTEL qui dispose des moyens
pour le faire. Le mouvement est donc injustifié et suspect.
- Intérêts sur comptes de dépôt à terme :- 160.000.000F.CFA
Les sommes déposées sur les comptes bancaires produisent les intérêts
appartenant au patrimoine commun à repartir entre les structures créées (CAMTEL,
CAMTEL-MOBILE et ART). Qu’est-ce qui peut donc justifier cette inscription
budgétaire ?
CHARGES.
- Subventions aux organismes sous tutelle :- 5.417.000.000F.cfa
Cette subvention n’existait pas en 98/99, alors que ces organismes étaient déjà là comme l’École des PTT par exemple. Qu’est-ce qui justifie cette dotation
alors que ces organismes ont par essence leurs sources de financement ?
- Aménagement services centraux :- 600.000.000.F.cfa
En 98/99 la provision était de 100.000.000F.cfa. A quoi vont servir ces
aménagements puisque le MINPOSTEL est presque totalement dépouillé de ses biens
et de son personnel ?
- Location d’immeubles :- 300.000.000F.cfa
La plupart des services ayant été transférés, les députés ne voient pas à quoi vont servir ces immeubles.
- Apurement arriérés exercices précédents : 1.240.000.000.F.cfa
Quelle est la nature de ces apurements ? S’il s’agit du téléphone il y lieu de les transférer à CAMTEL ou à CAMTEL-MOBILE.
- Apurement avances autorisées :- 350.000.000F.cfa idem
- Sécurité Yaoundé-Douala :- 150.000.000F.cfa idem
- Apurement exercices précédents :- 190.000.000F.cfa idem
- Autres projets télécommunications :- 1.80.000.000F.cfa idem
Les activités de télécommunication étant totalement transférées à CAMTEL,
CAMTEL-MOBILE et ART, cette provision n’a pas trouvé de fondement devant les
commissaires.
- Acquisition véhicules :- 36.000.000F.cfa.
La dotation était de 80.000.000F.cfa en 98/99. Ces véhicules existent déjà. Il y a donc manifestement double emploi.
Interrogé sur ces chiffres et les manipulations qui semblent les entourer, le
Ministre de Postes M. Mouchipou Seidou n’a trouvé pour toute réponse que de
demander aux députés de lui faire confiance ainsi qu’à ses services. Il a même
tenté au mépris de l’arrêté conjoint du 26 mai 1999, de sa propre note de
présentation et enfin des affirmations du Ministre d’Etat Chargé de l’Économie
et des Finances dans la note de présentation de son budget et dans le rapport
économique et financier, de nier l’existence d’une date butoir pour le démarrage
de nouveaux organismes.
Devant toute ces incohérences, les députés du SDF et de l’UDC n’ont eu d’autres choix que de proposer le rejet de ce budget qui était manifestement faux. Malheureusement, ils se sont heurtés à la mauvaise foi caractérisée de leurs camarades du Parti au pouvoir qui après s’être dans un premier temps abstenu de soulever une contre-motion, se sont finalement ralliées aux manœuvres dilatoires de leur camarade président de la Commission des Finances.
Encore une fois de plus le RDPC est pris dans son propre piège.
Fait à Yaoundé le 20 juin 1999
Hon. Njifako Yaka Simon
Représentant de l’UDC à la Commission des Finances
Hon. Joseph Mbah-Ndam
Président du Groupe Parlementaire du SDF
The end
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