Ce que Bernard Muna n’est pas
La diaspora camerounaise établie au Rwanda est essentiellement constituée de cadres. Ils travaillent dans le système des Nations unies ; ils sont enseignants dans les universités du pays.
Par Xavier Messè
Certains officient à des niveaux très élevés dans l’administration locale, ou dans les Ong internationales.
Lorsque Bernard Muna est appelé à Kigali au titre de procureur auprès du Tpir (Tribunal pénal international pour le Rwanda), cette petite communauté fière, soudée et respectée se sent revalorisée.
En septembre 2002, l’ancien bâtonnier du barreau du Cameroun annonce à ses frères installés au Rwanda qu’il regagne définitivement le Cameroun. Pour la circonstance, Mme Epée, Guinéenne de naissance, médecin au Pnud à Kigali, organise une visite au procureur Muna pour les au revoirs. Dans sa résidence cossue du quartier Remera à Kigali, Me Muna est très ému. Il partage des apartés avec ses visiteurs. Il fait aussi des confidences à certains. Il se confie en ces termes : " Je rentre au Cameroun pour m’engager davantage en politique. J’ai des accointances avec le pouvoir en place, mais c’est dans le Sdf que je vais faire mes armes. Ce parti est aussi le mien. Il est dirigé actuellement par un dictateur, John Fru Ndi... Les militants pourront être sollicités… "
Un autre visiteur révèle que Muna aurait fait en d’autres circonstances à Kigali, l’apologie de Maïgari Bello Bouba de l’Undp et de Frédéric Augustin Kodock de l’Upc entrés au gouvernement dirigé par le Rdpc.
Muna rentré au Cameroun, les choses étaient désormais claires : ce fils d’un des fondateurs de ce régime, qui est né et a grandi dans les fondements du pouvoir, ne se sentirait pas pendant longtemps dans la périphérie. Il lui fallait jouer les rôles qui le placeraient, le moment venu, au centre.
Avec le regard complaisant du pouvoir, le Sdf, qui garantissait encore à lui seul les semblants de démocratie est en train de voler en lambeaux. Celui qui le dépèce, Bernard Muna, ne fait pas montre d’authentique démocrate. Il est possible qu’il ait à un moment de l’histoire du Sdf, contribué à créer ce parti. Il est possible également que la directivité du Sdf, son orientation ne puissent ne plus convenir au célèbre avocat. Dans ces cas, le bon, le vrai démocrate se soumet ou se démet. S’il choisi la seconde posture, il crée son mouvement et lui imprime ses marques.
Lorsqu’on choisit la voie de la démolition, de la division de ce qui existe déjà, c’est qu’on joue le jeu de ceux auxquels on prétend s’opposer. On est un pion, pas un démocrate.
Source: © Le Quotidien Mutations No. 1758 du 11 Oct. 2006
The end
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