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Message du Président National, Ni John Fru Ndi a l’occasion du 13è anniversaire du SDF le 26 Mai 2003

"… nous sommes contre la guerre…” Ni John Fru Ndi

Militants et Sympathisants du SDF
Chers compatriots
Mesdames et messieurs ;

26 Mai 2003 : voici treize ans déjà, que notre parti a été lancé. Notre parti a été lancé pour atteindre des objectifs clairement définis, entre autres :
• Mobiliser, galvaniser et rallier les Camerounais afin de lutter pour l’établissement d’une société juste, libre et démocratique dans laquelle les citoyens pourraient vivre en toute sécurité et en toute dignité et jouiraient des droits et libertés fondamentaux. Il s’agit de valeurs énoncées dans la charte des Nations Unies et d’autres mécanismes internationaux ratifiés par le Cameroun.
• Mener une politique de conquête du pouvoir par les urnes ;
• Assurer l’égalité de chance à tous ;
• Promouvoir la paix et la coopération internationale ;
• Œuvrer pour la protection et la promotion du caractère bilingue du Cameroun.

Il est légitime de se demander où nous en sommes avec chacun de ces objectifs, treize ans après.

Comme par le passé, cet anniversaire survient au lendemain de la fête du 20 mai. Cette année, nous avons décidé de célébrer la fête nationale sous le signe du deuil de la démocratie et du processus électoral au Cameroun. Je saisis ici l’occasion de saluer les militants et les sympathisants du SDF qui, bravant la brutalité des forces publiques, ont porté ce message aux quatre coins du pays, plus spécialement à Yaoundé. L’on pourrait légitimement se demander si nous voulons par ce geste insinuer que notre objectif de « mobiliser, galvaniser et rallier les Camerounais afin de lutter pour l’établissement d’une société juste, libre et démocratique dans laquelle les citoyens pourraient vivre en toute sécurité et en toute dignité et jouiraient des droits et libertés fondamentaux » a échoué. Nous répondons par un grand « Non » L’Histoire nous enseigne que tout peuple qui se bat sérieusement pour la liberté l’obtient. Même les esclaves qui étaient enchaînés ont fini par être libérés par le mouvement anti-esclavagiste, de même que les femmes, jadis privées de certains droits sociaux, économiques et politiques ont été libérées par les mouvements féministes, ou les Noirs américains qui initialement privés des droits politiques et économiques ont été libérés par les mouvements pour les droits civiques ; les Noirs Sud-africains, initialement broyés par l’apartheid, ont été libérés par les batailles de l’ANC et d’autres forces ! La liberté finit toujours par s’acquérir, si les forces de luttes maintiennent leur combat. Maintenons notre lutte ! Nous Avons objectivement engrangé des victoires depuis 1990. C’est visible partout autour de nous ! Le régime répressif en place dans notre pays a essayé de s’attribuer certains de ces acquis, mais nous savons tous qu’ils ont été obtenus contre le gré du régime ! !

Et qu’en est - il de notre volonté de vaincre par les urnes ? pourrait - on se demander.

Comme nous l’avons dit auparavant, les élections du 30 juin 2002 étaient les pires jamais organisées depuis 1990. Ceci signifierait-il que nous ne gagnerons jamais à travers des urnes transparentes ? Cette question d’autres peuples à travers le monde se l’ont posée que tôt ou tard, ont joui des retombées d’élections libres et transparentes. Fort de notre expérience depuis 1990, nous pouvons nous permettre ces questions. Mais ne perdons pas de vue que le régime survit tout juste, jouant désespérément la fuite en avant pour gagner du temps. Quelques unes de ses cartes désespérées, c’est la « bonne gouvernance », la « décentralisation », l’ «ONEL » Sous notre pression, ils se sont égarés dans l’auto-illusion, jouant une carte frauduleuse aujourd’hui, et l’autre demain. Nous devons maintenir la pression sur eux ! Le pays ne connaîtra de paix que quand nous aurons obtenu entière satisfaction avec le système électoral. Le régime RDPC ne peut ignorer que, dans la plupart des cas, les conflits et les guerres civiles surviennent là où le pouvoir a manqué à sa mission de considérer l’opinion des autres, de discuter avec eux des différences Les exemples en la matière abondent en Afrique et autour de nous. C’est d’une position de force que nous avons continué à demander le dialogue avec le RDPC, et non le contraire. L’urne transparente demeure notre emblème. Nous devons continuer à lutter sans relâche pour elle, et pour tout ce qu’elle représente !!

Le SDF a exigé avec insistance la création d’une commission indépendante pour organiser les élections au Cameroun, des inscriptions électorales à la proclamation des résultats. Mais le régime RDPC, dans son obsession à déformer la vérité, a prétendu que « personne ne peut être neutre au Cameroun » Dans l’impossibilité de soutenir davantage ce mensonge, ils ont créé un paravent dénommé ONEL dont tous les membres étaient des militants ou sympathisants du RDPC, en guise d’organe neutre et indépendant pour l’organisation des élections. Mais la seule création de cet ONEL constitue la victoire du SDF, car le RDPC remet ainsi en question son propre mensonge selon lequel personne ne peut être neutre au Cameroun. Nous maintenons et réitérons notre appel pour la mise en place d’une commission électorale indépendante, car l’ONEL n’est qu’un organe annexe du RDPC.

La dernière intrique en date du régime RDPC est son refus d’informatiser les listes électorales, sous la fallacieuse excuse que l’opération serait coûteuse en moyens et en temps. C’est du déjà entendu, mais nous savons également que des organisations internationales ont offert de financer l’informatisation des listes électorales. Mais combien de temps encore le RDPC va-t-il continuer à tromper le peuple camerounais, en allant de mensonge en mensonge ?

Chers Camarades, Mesdames, Messieurs,

Notre slogan « pouvoir au peuple et égalité de chance» est chanté dans chaque recoin du Cameroun par des grands comme par des petits, par des jeunes comme par des vieux. Lutter pour la quête et la préservation de l’égalité de chance pour tous est devenu l’une de nos missions les plus sacrées au SDF. Quand nous évaluons nos acquis dans ce domaine, nous arrivons à la conclusion que cette quête ne doit pas rester théorique ; elle doit être traduite dans nos faits et gestes quotidiens. Bien que la nature ait réservé à la femme le fardeau de la maternité et une certaine faiblesse physique, elle a reparti la sagesse et les capacités humaines à égale proportion à tous les deux sexes. Voilà pourquoi nous devons en permanence évaluer nos acquis afin d’assurer que l’égalité de chance mène à l’égalité des résultats.

Notre autre objectif était de promouvoir la paix et la coopération internationales.

Pour ce faire, nous devons promouvoir la paix entre les peuples, dans notre propre pays. Nous n’y parviendrons que si nous reconnaissons d’abord la diversité de natures et d’origines de nos peuples : c’est-à-dire le fait qu’ils appartiennent à des provinces, des groupes ethniques, sont francophones ou anglophones, et appartiennent à diverses formations politiques ou associatives. Aucun ordre social sain ne peut être bâti au Cameroun si ces multiples facettes de l’Homme ne sont pas prises en considération par les autorités politiques ou administratives, afin de garantir à chaque individu des chances d’un meilleur accomplissement de soi. Plus important encore, nous ne devons jamais perdre de vue qu’aucun effort de paix ne peut prospérer tant que les citoyens n’ont pas un certain contrôle sur les gouvernants. Les résultats de toutes élections dans le pays doivent mériter la confiance et l’acceptation des citoyens, dès lors qu’elles expriment leur pouvoir de contrôle et de participation. La paix n’est réelle et durable que si elle s’enracine dans un pays démocratique où règnent la justice, les droits de l’Homme, la liberté et la vérité.

Mesdames, Messieurs,

Par principe politique, nous sommes contre la guerre, mais nous sommes aussi très sensibles à tous ce qui peut engendrer la guerre. C’est pourquoi, de façon constante, nous condamnons la guerre et toutes ses causes. Nous avons condamné la récente guerre en Irak. Nous avons condamné le terrorisme international sous toutes ses formes. Nous pensons que l’avenir de l’Humanité sera mieux préservé par le dialogue et la concorde entre les peuples et les nations plutôt que par les guerres qui assurent des victoires précaires et divisent le monde en camps.

Nous nous sommes aussi donné pour mission de promouvoir le caractère bilingue du Cameroun.

Nous n’yparviendrons que par la promotion de la nature bi-culturelle et du système bi-judiciaire du pays. Nous croyons en l’unité dans la diversité, au pluralisme qui se manifeste dans tous les aspects de la vie de la société camerounaise. Cette diversité doit être respectée par les autorités politiques et administratives, pour permettre le plein épanouissement de soi. Notre unité nationale sera mieux servie par la promotion de ce caractère bilingue plutôt que par les efforts du présent régime à uniformiser notre système judiciaire, éducatif, administratif, et nos messages pour le 20 mai. Une telle unité ne pourra qu’apporter plus de divisions et que servir les ambitions de quelques individus, mais jamais notre pays. Nous en appelons à tous les militants du SDF et, bien entendu, à tous les Camerounais, pour qu’ils traitent notre diversité avec le plus grand respect. Nous plaidons pour que ces différences soient préservées, dans le plus grand intérêt de notre pays.

Je ne terminerai pas mon propos avant d’avoir rappelé que le SDF, depuis sa création n’a cessé de tracer la voie pour la paix, la justice et l’unité du Cameroun, à travers des élections libres, démocratiques et transparentes. Ceci est symbolisé par le logo du parti, choisi fort à propos pour porter ce message. Après treize ans d’existence, le SDF en est plus convaincu que par le passé et nous devons continuer la lutte jusqu’à la victoire finale. C’est alors qu’ensemble nous mettrons en place les bases du Cameroun nouveau, après avoir évacué les cendres, les débris et les ruines des 31 ans de mauvaise gestion du RDPC.

Chers Camarades militants,

Quelle est la santé du parti en cette veille des élections de 2004 ? Quels sont les plans du parti ? Qu’entendons-nous faire pour jouir désormais de notre droit de vote ? Et pour protéger le verdict des urnes?

Ces importantes questions nous préoccupent aujourd’hui. Actuellement, certaines structures de notre parti sont en cours de réorganisation, de réanimation qui précèdera une autre tournée nationale de rencontres et d’échanges de vues avec la base. En même, nous sommes en discussion avec d’autres partis de l’Opposition en vue d’une stratégie commune pour les élections, comme ce fut le cas en 1992 et en 1997. Ne perdons pas de vue que le plus important dans une élection, c’est le collège électoral, communément appelé « listes électorales » Elle reste sous le total contrôle des autorités administratives qui ne cachent pas leur militantisme pour le RDPC dans leurs efforts à frauder aux élections pour assurer la victoire de e parti et ses candidats. Certaines d'entre elles l'ont encore démontré il y a quelques jours, à l'ocasion de la fête du 20 Mai, au passage des militants du SDF. L'urne transparente qu'ils exhibaient et le noir qu'ils portaient en signe de deuil sont apparus à ces autorités comme l'anathème. L'autorité administrative l’a fait par le passé avec efficacité et elle ne semble pas vouloir y mettre un terme de son propre gré. Elle ne changera que si nous l’y forçons ! Il n’appartient qu’à nous de changer les agents de fraude et de la répression en agents de la démocratie et du développement. De notre capacité à le faire dépendra notre victoire électorale. J’engage chacun de vous à travailler pour assurer des inscriptions électorales libres et transparentes et l’établissement transparent des listes électorales. La survie de notre parti et de notre pays en dépend. La survie de l’actuelle paix précaire aussi !!

Camarades militants,

Permettez-moi, une fois de plus, de vous adresser à tous, joyeux anniversaire !

Que Dieu nous bénisse et nous guide tous, dans nos efforts, dans ce monde en proie à l’insécurité généralisée !

Vive le SDF !
Vive le Cameroun. !

Fin

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