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Camarades militants du SDF
Chers compatriotes,

Nous voici au terme dune autre année difficile. L’année 2002 restera en effet dans nos mémoires comme celle au cours de laquelle des élections couplées ont eu lieu (législatives et municipales) ; une année au cours de laquelle la fraude électorale s’est consolidée !

Comme plusieurs fois par le passé, je voudrais relever que le SDF est né le 26 Mai 1990 avec pour objectif de libérer les camerounais du joug du système du parti unique, et leur donner le droit à la parole dans la gestion des affaires de la nation. Depuis sa naissance, le SDF n’a cessé de jouir du soutien indéfectible de l’écrasante majorité du peuple camerounais.

Comme vous le savez si bien, nous avons choisi d’apporter le changement dans notre pays par la voie des urnes. C’est-à-dire à travers des élections libres, démocratiques et transparentes. En toute démocratie, les élections sont la pierre angulaire du processus par lequel le peuple exprime sa volonté souveraine sur la gestion des affaires du pays. Nous pensons fermement que, dès lors que les élections constituent l’expression de la souveraineté du peuple, elles doivent mériter la même attention que toutes les autres questions de souveraineté.

Vous êtes également conscients de toutes les difficultés et tous les défis que nous avons endurés, dans notre effort à assurer au Cameroun et à son peuple des élections libres et démocratiques. Quand nous faisions face à ce régime qui a fait du gangstérisme électoral son credo, nous avions décidé que nous ne prendrions plus part à des élections sans bonnes lois. Certains Camerounais et même certains de nos amis sur le plan international nous ont accusés d’être un parti du boycott ! C’est alors que, malheureusement, le gouvernement a créé l’Observatoire national des élections (ONEL) qui, comme le SDF l’avait prédit, s’est révélé non pas comme un simple observateur, mais plutôt comme un instrument partisan dans le processus.

Après ces élections couplées, ce que le SDF a toujours dit est devenu plus que l’évidence : Même les mauvaises lois actuelles ne sont respectées, pendant les élections, que par l’Opposition : gouverneurs, Préfets, sous-préfets, Chefs traditionnels et autres agents du RDPC sont autorisés à violer la loi électorale en toute impunité ;
L’Administration qui est chargée de l’organisation des élections est partisane et a des pouvoirs exorbitants qui ne découlent pas de loi électorale ;
La loi électorale n’a prévu aucune machine efficace pour assurer sa propre application ;
Ces élections couplées observées par l’ONEL apparaissent comme étant les pires dans l’histoire des élections au Cameroun ;
Le RDPC contrôle l’entière machine et toutes les ressources de l’Etat pendant les élections ;
Le RDPC est à la fois parti en compétition et juge des élections, arbitre et joueur !

Peut il y avoir un avenir pour un pays qui a fait de l’illégalité et de l’impunité une culture ? Les germes du chaos que ce régime est en train de semer ne vont-ils pas générer des fruits que nous récolterons un jour ? Pour combien de temps encore ce régime prendra-t-il pour acquise la patience des Camerounais?

Des élections du 30 Juin ont été, en vérité, une catastrophe dans l’histoire de notre pays ! Ces élections ont mis à nu, plus que par le passé, la passion du gouvernement pour l’impunité, son incompétence et son mépris pour les aspirations du peuple camerounais. Il n’y a pas meilleure preuve que le MINAT est incompétent et incapable d’organiser des élections dans ce pays, que l’annulation des élections couplées le 23 Juin au matin. Ce processus électoral était un échec total. Mais le RDPC l’a considéré comme une victoire. Depuis lors, nous avons invité le RDPC à une reprise des discussions sur le processus électoral au Cameroun. Seront-ils, sûrs d’eux-mêmes au point de manquer cette occasion en or qui s’offre à eux d’améliorer le système électoral et sauver le Cameroun de ce qui se déroule autour de nous ? Dans ce domaine, nous pouvons compter - et nous leur en savons gré - sur les amis du Cameroun qui montrent constamment leur sincère préoccupation au sujet du processus électoral dans notre pays.

Chers compatriotes,

Je sais que dans votre grande anxiété et votre profonde frustration, vous avez tous le regard tourné vers le SDF, dans l’espoir qu’il fasse quelque chose ! Vous avez tous le regard tourné vers nous, dans l’espoir que nous montrions une voie pour sortir le Cameroun de l’abîme où le régime l’a plongé ! Vous avez le regard tourné vers nous afin que nous installions la vraie démocratie au Cameroun. Vous avez raison de compter sur nous. Mais ce faisant, vous ne devrez pas perdre espoir et vous résigner à votre sort ! ! Nous ne pouvons pas permettre à ce régime hideux de nous imposer encore le parti unique ! En cette période d’essai dans la lutte pour la démocratie dans notre pays, ce serait une tragédie si le peuple se résignait à la farce du régime. Nous connaissons tous l’histoire des peuples et des démocraties que nous admirons aujourd’hui. Nous n’attendrons sûrement pas aussi longtemps qu’eux, si nous mettons tous la main à la pâte. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes ; sur nos efforts individuels et collectifs. Je vous exhorte à rester fermes ; à vous débarrasser du découragement.

Nous vivons une fausse paix aujourd’hui. Elle est bâtie sur la culture de l’impunité et sur l’inaptitude des gens à se lever pour défendre tout ce qui leur est cher. Tous ceci n’arrive que parce que nous ne nous sommes pas levés comme un seul homme pour défendre le bon droit.

Chers compatriotes,

J’invite tout le peuple, planteurs, intellectuels, jeunes, commerçants, bien entendu tous les Camerounais de tous les métiers, à démontrer qu’ils sont véritablement souverains. J’invite les journalistes, les Radios privées, les ONG, les Syndicats et la Société Civile tout entière à renverser la vapeur en 2003 dans le domaine de la répression des fraudes électorales. Ensemble nous changerons. Aucune issue n’est possible sans vous. Nous le pouvons ensemble ! Oui ! Nous le pouvons ! ! Tous, débout en 2003, relevons le défi et nous vaincrons, malgré les obstacles.

Chers compatriotes

Au cours de l’année qui s’achève, on a continué à nous parler de la lutte contre le SIDA, contre la pauvreté, contre la corruption, etc. Quand nous avions quelques temps plus tôt, engagé une tournée nationale pour clamer « SIDA dey outside », beaucoup de gens semblaient prendre cela pour un jeu. Fort heureusement, cela a tiré le gouvernement et bien d’autres de leur torpeur. Nous encourageons tout le monde à nous rejoindre dans la lutte contre le SIDA.

Quant à la lutte contre la pauvreté, le gouvernement reste incapable de saisir l’occasion offerte par le programme Ppte. Les fonds alloués à ce programme restent bloqués, alors que la misère continue à peser sur nos masses appauvries. Pour ce qui est de la lutte contre la corruption, le gouvernement continue à prétendre s’y impliquer par la création de toute sorte d’observatoires dans les ministères, mais presque aucun n’a produit des résultats, puisque plein de barons du RDPC sont les premiers promoteurs de la corruption. Malheureusement, le régime a laissé filer l’année sans que l’on applique les dispositions de la constitution de 1996, notamment celles sur la déclaration des biens, qui auraient donné des repères pour la lutte contre la corruption.

Suite au changement intervenu dans le système de notre année budgétaire, le budget de l’Etat vient d’être adopté. Pour en débattre, les députés n’ont eu droit, en fin de session, qu’à quelques jours, alors que, toute la session durant, ils étaient contraints à l’oisiveté. Pourquoi le régime RDPC peut-il traiter des questions budgétaires avec tant de désinvolture ? Pourquoi le gouvernement dénie-t-il aux députés le droit de débattre sérieusement du budget de notre pays?

Chers camarades militants,
Chers compatriotes,

Nous vivons tous avec regret la situation en Côte d’Ivoire. Nous espérons que les Ivoiriens privilégieront le dialogue sur la violence. Nous sommes également préoccupés par la montée de l’insécurité dans le monde et par l’explosion des conflits armées. Nous voudrions une fois de plus, saisir cette occasion pour lancer un appel pour le dialogue et pour l’institution de la gouvernance démocratique dans l’exercice du pouvoir dans nos divers pays. Nous en appelons à la communauté internationale pour trouver une solution durable aux problèmes qui opposent Israéliens et Palestiniens.

Nous vous exhortons à continuer à prier en 2003, car, partout où les gens sont sur le point de céder, le Seigneur Tout-puissant envoie toujours son réconfort pour les guider. Je sais que, par cette fin d’année, vous devez vous demander quel est l’état de santé du SDF. Je peux vous assurer de ce que les fraudes massives des dernières élections et leurs séquelles n’ont pas entamé la vitalité du parti. Le SDF a été fondé par des gens qui ont foi en la liberté, aucun doute donc qu’ils persévéreront jusqu’à la fin.

Permettez que je saisisse cette occasion pour féliciter ceux d’entre vous, militants, sympathisants et bien entendu tous les Camerounais, qui se sont levés, par leur voie pour s’opposer à l’injustice. Nul doute que seul le bon droit triomphera ! Qu’ils soient sûrs que l’Histoire se souviendra d’eux !

Au nom du SDF, je vous adresse mes meilleurs vœux pour Noël 2002 et de prospérité pour l’année 2003.

Que Dieu nous bénisse et nous protège tous !

NI John FRU NDI
Président National

Fin

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