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Déclaration du SDF sur les inscriptions électorales
Les élections au Cameroun ont toujours été entachées
de fraudes massives. Ceci est dû au fait que le RDPC,
qui est l’un des partis en compétition, organise
lui-même les élections à travers le MINAT et ses
agents sur le terrain – gouverneurs, préfets et
sous-préfets – ces autorités administratives pensent
toujours que, dès lors qu’elles agissent sous
l’autorité du chef de l’Etat, elles doivent protéger
ses intérêts en assurant la victoire de son parti, le
RDPC. Pour y parvenir, ces officiels se comportent sur
leur territoire de commandement comme s’ils étaient
au-dessus de la Loi. En effet, même le chef de l’Etat
a reconnu que les administrateurs développent sur le
terrain une attitude autoritaire et ne servent pas
toujours les intérêts du peuple.
L’une des principales causes de l’échec des élections
au Cameroun réside dans les inscriptions électorales.
Là aussi, le Chef de l’Etat nous dit que la
défaillance est due aux méthodes archaïques
d’identification des populations, et que celles-ci
doivent être modernisées. La modernisation inclut
l’informatisation du processus électoral (listes
électorales, listes des bureaux de vote, etc …), pour
rationaliser, entre autres, les inscriptions
électorales. En tout cas, le SDF estime que, pour
assurer le succès de l’informatisation, une structure
neutre doit être désignée, car ceux qui créent le
chaos dans l’usage du système manuel peuvent
reconduire ce chaos dans le processus informatisé,
l’ordinateur n’étant valable que par la qualité de
l’information qu’on lui sert. Tout récemment, les
sous-préfets et les préfets dans diverses unités
administratives invitaient les représentants du SDF et
des autres partis à un autre tour d’inscription
électorale ! Le SDF regrette que ceci se fasse alors
que rien n’est encore fait contre ‘‘l’attitude
autoritaire’’ de l’administration et les ‘‘méthodes
archaïques d’identification des populations’’ que le
Chef de l’Etat a identifiées comme étant sources des
maux qui minent le système démocratique, dans son
message de Nouvel An.
Le SDF rappelle qu’avant les élections couplées du 30
juin 2002, l’ONEL venait juste d’être créé, ses
membres nommés au bureau central et dans les
démembrements, alors que les inscriptions électorales
avaient été virtuellement achevées, et donc, que
l’ONEL n’a joué aucun rôle dans le processus. Cette
fois-ci, au moment où, selon la Loi, le mandat des
membres de l’ONEL en poste est terminé, revoici les
autorités administratives qui s’apprêtent à
recommencer un autre tour d’inscription électorale !
Le SDF relève que l’ONEL était créé pour assurer la
régularité, l’impartialité, l’objectivité et la
transparence du processus électoral camerounais.
Puisque les autorités administratives sont ouvertement
partisanes sur le terrain, il est nécessaire que, face
au refus du régime RDPC de créer une commission électorale indépendante, les
inscriptions électorales soient conduites par l’ONEL
ou, tout au moins, avec sa participation active. En
tout cas, le SDF relève que les fraudes électorales
ont atteint le seuil le plus élevé au cours des
élections couplées du 30 juin alors que l’ONEL était
sur le terrain. Ceci était dû au manque d’autorité et
d’autonomie de l’observatoire. Par conséquent, le SDF
appuie les appels pour doter l’ONEL d’une autorité
adéquate et de plus d’autonomie et de moyens
financiers pour gérer tout le processus électoral au
Cameroun. Ceci nécessite que la structure devienne
permanente.
Les autorités administratives, comme par le passé,
pourraient instituer le chaos dans le processus
d’inscription sur les listes, pour endormir ceux qui
comptent sur l’informatisation des listes pour
corriger les fraudes antérieures. Par conséquent, tout
en attendant les mesures appropriées, le SDF demande à
tous ses officiels et, bien entendu, à tous ses
militants de suivre de près les activités sur le
terrain des autorités administratives, dans le cadre
des inscriptions électorales. Le SDF appelle ses
militants et sympathisants à s’assurer que cette fois,
leur droit d’inscription sur les listes électorales
soit respecté.
Enfin, puisque le recensement démographique en cours
affectera plusieurs aspects de la vie au Cameroun, le
SDF appelle ses militants et sympathisants à y
participer activement. Ils doivent maintenir une
grande vigilance pour s’assurer que la corruption et
le tribalisme du régime RDPC ne compromettent pas
l’issue de cet important processus.
Fait à Bamenda, le 08 février 2003
Le Président National
NI John FRU NDI
The end
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