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Message de Nouvel An 2003 du Président National
Camarades militants du SDF
Chers compatriotes,
Nous voici au terme dune autre année difficile.
L’année 2002 restera en effet dans nos mémoires comme
celle au cours de laquelle des élections couplées ont
eu lieu (législatives et municipales) ; une année au
cours de laquelle la fraude électorale s’est
consolidée !
Comme plusieurs fois par le passé, je voudrais
relever que le SDF est né le 26 Mai 1990 avec pour
objectif de libérer les camerounais du joug du système
du parti unique, et leur donner le droit à la parole
dans la gestion des affaires de la nation. Depuis sa
naissance, le SDF n’a cessé de jouir du soutien
indéfectible de l’écrasante majorité du peuple
camerounais.
Comme vous le savez si bien, nous avons choisi
d’apporter le changement dans notre pays par la voie
des urnes. C’est-à-dire à travers des élections
libres, démocratiques et transparentes. En toute
démocratie, les élections sont la pierre angulaire du
processus par lequel le peuple exprime sa volonté
souveraine sur la gestion des affaires du pays. Nous
pensons fermement que, dès lors que les élections
constituent l’expression de la souveraineté du peuple,
elles doivent mériter la même attention que toutes les
autres questions de souveraineté.
Vous êtes également conscients de toutes les
difficultés et tous les défis que nous avons endurés,
dans notre effort à assurer au Cameroun et à son
peuple des élections libres et démocratiques. Quand
nous faisions face à ce régime qui a fait du
gangstérisme électoral son credo, nous avions décidé
que nous ne prendrions plus part à des élections sans
bonnes lois. Certains Camerounais et même certains de
nos amis sur le plan international nous ont accusés
d’être un parti du boycott ! C’est alors que,
malheureusement, le gouvernement a créé l’Observatoire
national des élections (ONEL) qui, comme le SDF
l’avait prédit, s’est révélé non pas comme un simple
observateur, mais plutôt comme un instrument partisan
dans le processus.
Après ces élections couplées, ce que le SDF a
toujours dit est devenu plus que l’évidence :
Même les mauvaises lois actuelles ne sont respectées,
pendant les élections, que par l’Opposition :
gouverneurs, Préfets, sous-préfets, Chefs
traditionnels et autres agents du RDPC sont autorisés
à violer la loi électorale en toute impunité ;
L’Administration qui est chargée de l’organisation des
élections est partisane et a des pouvoirs exorbitants
qui ne découlent pas de loi électorale ;
La loi électorale n’a prévu aucune machine efficace
pour assurer sa propre application ;
Ces élections couplées observées par l’ONEL
apparaissent comme étant les pires dans l’histoire des
élections au Cameroun ;
Le RDPC contrôle l’entière machine et toutes les
ressources de l’Etat pendant les élections ;
Le RDPC est à la fois parti en compétition et juge des
élections, arbitre et joueur !
Peut il y avoir un avenir pour un pays qui a fait de
l’illégalité et de l’impunité une culture ? Les germes
du chaos que ce régime est en train de semer ne
vont-ils pas générer des fruits que nous récolterons
un jour ? Pour combien de temps encore ce régime
prendra-t-il pour acquise la patience des Camerounais?
Des élections du 30 Juin ont été, en vérité, une
catastrophe dans l’histoire de notre pays ! Ces
élections ont mis à nu, plus que par le passé, la
passion du gouvernement pour l’impunité, son
incompétence et son mépris pour les aspirations du
peuple camerounais. Il n’y a pas meilleure preuve que
le MINAT est incompétent et incapable d’organiser des
élections dans ce pays, que l’annulation des élections
couplées le 23 Juin au matin. Ce processus électoral
était un échec total. Mais le RDPC l’a considéré comme
une victoire. Depuis lors, nous avons invité le RDPC à
une reprise des discussions sur le processus électoral
au Cameroun. Seront-ils, sûrs d’eux-mêmes au point de
manquer cette occasion en or qui s’offre à eux
d’améliorer le système électoral et sauver le Cameroun
de ce qui se déroule autour de nous ? Dans ce domaine,
nous pouvons compter - et nous leur en savons gré -
sur les amis du Cameroun qui montrent constamment leur
sincère préoccupation au sujet du processus électoral
dans notre pays.
Chers compatriotes,
Je sais que dans votre grande anxiété et votre
profonde frustration, vous avez tous le regard tourné
vers le SDF, dans l’espoir qu’il fasse quelque chose !
Vous avez tous le regard tourné vers nous, dans
l’espoir que nous montrions une voie pour sortir le
Cameroun de l’abîme où le régime l’a plongé ! Vous
avez le regard tourné vers nous afin que nous
installions la vraie démocratie au Cameroun. Vous avez
raison de compter sur nous. Mais ce faisant, vous ne
devrez pas perdre espoir et vous résigner à votre sort
! ! Nous ne pouvons pas permettre à ce régime hideux
de nous imposer encore le parti unique ! En cette
période d’essai dans la lutte pour la démocratie dans
notre pays, ce serait une tragédie si le peuple se
résignait à la farce du régime. Nous connaissons tous
l’histoire des peuples et des démocraties que nous
admirons aujourd’hui. Nous n’attendrons sûrement pas
aussi longtemps qu’eux, si nous mettons tous la main à
la pâte. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes ;
sur nos efforts individuels et collectifs. Je vous
exhorte à rester fermes ; à vous débarrasser du
découragement.
Nous vivons une fausse paix aujourd’hui. Elle est
bâtie sur la culture de l’impunité et sur l’inaptitude
des gens à se lever pour défendre tout ce qui leur est
cher. Tous ceci n’arrive que parce que nous ne nous
sommes pas levés comme un seul homme pour défendre le
bon droit.
Chers compatriotes,
J’invite tout le peuple, planteurs, intellectuels,
jeunes, commerçants, bien entendu tous les Camerounais
de tous les métiers, à démontrer qu’ils sont
véritablement souverains. J’invite les journalistes,
les Radios privées, les ONG, les Syndicats et la
Société Civile tout entière à renverser la vapeur en
2003 dans le domaine de la répression des fraudes
électorales. Ensemble nous changerons. Aucune issue
n’est possible sans vous. Nous le pouvons ensemble !
Oui ! Nous le pouvons ! ! Tous, débout en 2003,
relevons le défi et nous vaincrons, malgré les
obstacles.
Chers compatriotes
Au cours de l’année qui s’achève, on a continué à
nous parler de la lutte contre le SIDA, contre la
pauvreté, contre la corruption, etc. Quand nous avions
quelques temps plus tôt, engagé une tournée nationale
pour clamer « SIDA dey outside », beaucoup de gens
semblaient prendre cela pour un jeu. Fort
heureusement, cela a tiré le gouvernement et bien
d’autres de leur torpeur. Nous encourageons tout le
monde à nous rejoindre dans la lutte contre le SIDA.
Quant à la lutte contre la pauvreté, le gouvernement
reste incapable de saisir l’occasion offerte par le
programme Ppte. Les fonds alloués à ce programme
restent bloqués, alors que la misère continue à peser
sur nos masses appauvries. Pour ce qui est de la lutte
contre la corruption, le gouvernement continue à
prétendre s’y impliquer par la création de toute sorte
d’observatoires dans les ministères, mais presque
aucun n’a produit des résultats, puisque plein de
barons du RDPC sont les premiers promoteurs de la
corruption. Malheureusement, le régime a laissé filer
l’année sans que l’on applique les dispositions de la
constitution de 1996, notamment celles sur la
déclaration des biens, qui auraient donné des repères
pour la lutte contre la corruption.
Suite au changement intervenu dans le système de
notre année budgétaire, le budget de l’Etat vient
d’être adopté. Pour en débattre, les députés n’ont eu
droit, en fin de session, qu’à quelques jours, alors
que, toute la session durant, ils étaient contraints à
l’oisiveté. Pourquoi le régime RDPC peut-il traiter
des questions budgétaires avec tant de désinvolture ?
Pourquoi le gouvernement dénie-t-il aux députés le
droit de débattre sérieusement du budget de notre pays?
Chers camarades militants,
Chers compatriotes,
Nous vivons tous avec regret la situation en Côte
d’Ivoire. Nous espérons que les Ivoiriens
privilégieront le dialogue sur la violence. Nous
sommes également préoccupés par la montée de
l’insécurité dans le monde et par l’explosion des
conflits armées. Nous voudrions une fois de plus,
saisir cette occasion pour lancer un appel pour le
dialogue et pour l’institution de la gouvernance
démocratique dans l’exercice du pouvoir dans nos
divers pays. Nous en appelons à la communauté
internationale pour trouver une solution durable aux
problèmes qui opposent Israéliens et Palestiniens.
Nous vous exhortons à continuer à prier en 2003, car,
partout où les gens sont sur le point de céder, le
Seigneur Tout-puissant envoie toujours son réconfort
pour les guider. Je sais que, par cette fin d’année,
vous devez vous demander quel est l’état de santé du
SDF. Je peux vous assurer de ce que les fraudes
massives des dernières élections et leurs séquelles
n’ont pas entamé la vitalité du parti. Le SDF a été
fondé par des gens qui ont foi en la liberté, aucun
doute donc qu’ils persévéreront jusqu’à la fin.
Permettez que je saisisse cette occasion pour
féliciter ceux d’entre vous, militants, sympathisants
et bien entendu tous les Camerounais, qui se sont
levés, par leur voie pour s’opposer à l’injustice. Nul
doute que seul le bon droit triomphera ! Qu’ils soient
sûrs que l’Histoire se souviendra d’eux !
Au nom du SDF, je vous adresse mes meilleurs vœux
pour Noël 2002 et de prospérité pour l’année 2003.
Que Dieu nous bénisse et nous protège tous !
NI John FRU NDI
Président National
The end
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