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Le corps électoral a été convoqué le 09 mai 2002 (jour férié) pour les élections municipales et législatives du 23 juin 2002. Ainsi donc, conformément à l’art. 70(1) de la loi N°91/020 du 16 décembre 1991 portant organisation des élections législatives et l’art. 18 de la loi n° 92/002 du 14 août 1992 régissant les Municipales, les listes des candidats étaient censées être déposées dans les bureaux des Préfets et sous-préfets dans les 5 jours suivants (incluant samedi et dimanche).

Le mardi 14 mai 2002, conscient de la douloureuse expérience de 1996 et 1997, les mandataires des listes SDF aux Municipales et aux Législatives ont envahi les différents bureaux des sous-préfectures et préfectures pour déposer leurs listes. Là où ils ont trouvé les fonctionnaires encore en place, ils ont été priés de revenir le lendemain. A plusieurs autres endroits, les bureaux étaient simplement vides. Quand le lendemain ils sont revenus comme convenu, on leur a appris que la réception des listes avait été renvoyée au vendredi 17 mai 2002.

A Buea, le sous-préfet qui avait quitté son bureau le 14 mai 2002 avant 14h a refusé de recevoir les listes du SDF le jour suivant (le15 mai) sous prétexte qu’il était déjà trop tard ! Le SDF a porté ses protestations devant le MINAT et l’ONEL à Yaoundé. Il a fallu attendre jusqu’au vendredi 17 mai 2002 pour que des coups de téléphone du Directeur des Affaires Politiques du MINAT et du Gouverneur du Sud-Ouest amènent le sous-préfet à accepter nos listes !

Au moment où tout ceci se passait, les listes du SDF étaient les seules à avoir été soumises au sous-préfet ! Ceci se passait en l’absence des représentants de l’ONEL, clouées à Yaoundé ! C’est malheureux que les représentants de l’ONEL ne soient pas actifs sur le terrain à ces moments délicats où l’Administration met habituellement les partis d’opposition sous tension e refusant de recevoir leurs listes ou en les rejetant sous des motifs futiles.

Nous en venons là parce que la vice-présidente de l’ONEL a déclaré à la presse il y a deux jours que tous les partis politiques ont violé la loi en ne respectant pas les délais de rigueur des dépôts de listes de candidatures tels que prévus. Si l’ONEL voulait faire le travail auquel il était astreint, nous nous serions attendus à ce qu’il nous dise le nombre et le genre de listes enregistrées avant l’expiration des délais, le genre de plaintes ou réclamations qu’il a reçues ou était entrain de recevoir des partis politiques et ce qu’il en faisait. En outre, puisque l’ONEL a toujours clamé que c’est le MINAT qui est chargé de l’organisation des élections, il était plus logique que le blâme d’avoir violé la loi soit adressé au MINAT et non aux partis politiques !

En tout cas, l’opinion publique est consciente qu’en blâmant plutôt les partis politiques au lieu du MINAT, l’ONEL cherche à couvrir les carences du RDPC qui apparemment n’a pas été capable de soumettre les listes complètes dans la plupart des circonscriptions du pays. Il ne proroge donc les délais que pour aider le RDPC à apprêter les listes. Cette généralisation abusive dans la violation de la loi ne vient que confirmer la nature partisane de cette structure, ce que nous avons décrié depuis des lustres.

Quand on sait que c’est un des 11 membres de l’ONEL, en l’occurrence le Dr.Abdoulaye Souaibou qui a porté les noms des candidats RDPC du Nord de Yaoundé à Garoua, on ne peut plus douter du caractère partisan de cette structure ! C’est aussi la raison pour laquelle le représentant de l’ONEL pour le Logone et Chari, M. Mahamat Mamadou a été changé sous la pression du Secrétaire Général du RDPC tout simplement parce que le RDPC ne pouvait pas facilement le manipuler.

On se rappelle aussi qu’il n’y a pas longtemps, le RDPC a mobilisé les ressources humaines, matérielles et financières de l’Etat pour aller organiser ses structures sur le terrain. Malgré les cris de désapprobation du SDF et des autres forces progressistes, l’ONEL n’a rien l’Etat et le RDPC.

Quand le SDF a écrit le 28 novembre 2002 pour énumérer «quelques points fondamentaux que l’ONEL devait clarifier », l’un de ceux là était l’imprécision de l’art. 3(2) de la loi n° 92/002 du 14 août 1992 qui exige «la composition de la liste reflète la composition sociologique de la circonscription ». Nous avons à l’occasion révélé à l’ONEL qu’en 1996 certains sous- préfets en ont fait une interprétation subjective et biaisée pour rejeter les listes des partis politiques ! Nous espérions que l’ONEL, en collaboration avec le MINAT, clarifieraient cette disposition. Malheureusement, il n’en a rien été.

Et bien entendu, pendant tout ce temps, les sous-préfets ont recommencé leur jeu favori ! La liste SDF pour les Municipales à Idenau, Muyuka et Tiko ont été rejetées hier 22 mai 2002 par le Préfet du Fako sous le prétexte «qu’il n’y avait pas assez des autochtones sur la liste », comme si la loi avait spécifié le nombre d’autochtones dans une liste.

Il est évident que les jours qui viennent verront le rejet de plusieurs autres listes du SDF dans le pays, comme tel avait été le cas en 1996, sous le même fallacieux prétexte. Nous interpellons l’ONEL d’être beaucoup plus présent et actif sur le terrain pour pouvoir corriger sur place certaines de ces injustices. Nous en appelons au MINAT et à ses relais locaux pour le strict respect de l’esprit et de la lettre des lois électorale.

Yaoundé, le 23 mai 2002

Le Secrétaire general
Pr. T. ASONGANYI

The end

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