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EDITORIAL

Le régime de M. BIYA a toujours présenté le Cameroun comme une démocratie, tout d’abord avancée, puis apaisée et maintenant conviviale. Nous sommes très loin de la réalité. Le Cameroun n’est ni plus ni moins qu’une monarchie clanique, dirigée par S.M. BIYA BI MVONDO.

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir la façon dont il gère le Cameroun, manière qui n’est pas différente de celle dont le LAMIDO de REY BOUBA gère son lamidat. C’est peut-être la raison pour laquelle la plus grande avenue de la capitale de l’Etat, celle qui mène au palais d’ETOUDI a été baptisée « Boulevard du LAMIDO de REY BOUBA ».

Chers téléspectateurs / auditeurs,

Comment peut-on officiellement honorer de la sorte un sanguinaire de la trempe du BABA de REY ?

Le LAMIDO de REY BOUBA fait tuer comme il veut et quand il veut.
Il est la loi, celui qui est chargé de faire appliquer la loi et celui qui châtie ceux qui ne la respectent pas.

Aujourd’hui, sous M. BIYA, des Camerounais sont tués au mépris de la vie donnée par DIEU et au mépris des lois qui gouvernent notre pays.

A DOUALA, le Commandement opérationnel créé par un décret du Président de la République a fait plus de mille morts. Les récents 9 disparus de BEPANDA n’ont été que la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase. Les marches organisées par les citoyens avec l'appui du SDF ont pour une fois obligé le Roi à se défaire de son masque d'arrogance et de mépris et à réagir sous la pression. Ce qui est une demi-victoire pour le peuple qui doit comprendre que rien ne s’obtient sans la lutte. La Commission qui a été mise sur pied par le Monarque, doit maintenant rendre son rapport définitif et la justice doit s’appliquer à tous avec la même rigueur. S’il faut arrêter des gens, tous ceux qui ont trempé dans cette affaire doivent être arrêtés sans exception aucune sinon tout le monde doit être relâché.

Le peuple qui sait désormais que le Roi est devenu vulnérable doit continuer sa mobilisation pour obtenir l’autre moitié de la victoire.

Dans le Grand Nord, sur simple dénonciation par des gens qui n’ont aucun mandat ou qui ne se sont jamais illustré par leur patriotisme ou par leur honnêteté, une structure spéciale créée par le Roi tue des Camerounais sous le prétexte de la lutte contre les coupeurs de route, sans qu’il ne soit formellement établi qu’il s’agit effectivement de coupeurs de route. Les associations de Droits de l’Homme estiment là également à plus de mille morts le nombre de Camerounais assassinés.

De hauts dignitaires du RDPC dont des LAMIBES et autres ont été identifiés et dénoncés mais continuent à vaquer tranquillement à leurs occupations et à escroquer les populations, avec la bénédiction du régime.

Les populations étant maintenues dans un état permanent de terreur dans cette partie du pays, l’exécution de 13 personnes près du péage de YAGOUA, n’a pas été cette goutte qui aura fait déborder le vase.

Les populations de cette partie du pays doivent comprendre qu’elles sont des Camerounais à part entière et non pas des Camerounais entièrement à part. Elles doivent par conséquent prendre leur destin en main.

Le SDF s’est engagé à se joindre à tous ceux qui revendiquent leurs droits comme c’est le cas avec le C9.

Et c’est ainsi qu’on tue partout sur l’ensemble du territoire. On tue au Nord. On tue au Sud. On tue à l’Est et on tue à l’Ouest.

M. BIYA étant celui qui a créé toutes ces structures spéciales dotées de pouvoirs illimités et de par sa qualité de Chef suprême des forces armées et de Représentant de l’Etat dans tous les actes de la vie publique, il est le principal responsable de la mort de ces Camerounais et tôt ou tard, il devra répondre de ses actes. C’est pour ce genre de situation que les Nations Unies ont créé le Tribunal pénal International.

Notre invité ce soir, est le camarade SAIDOU MAIDADI YAYA 1er Vice-Président national du SDF.

Camarade, bonsoir.
Camarade Président, la situation des droits et des libertés individuelles et collectives est-elle aussi grave dans notre pays ?

Sans exagération aucune, la situation est très alarmante et préoccupante. La raison en est simple. Le Cameroun n’est pas un Etat de Droit, loin s’en faut.

L’Etat de droit, c’est d’abord et avant tout le respect de la loi.

Notre pays malheureusement voit ses lois en permanence et surtout en toute impunité bafouées ou violées, en particulier par celui supposé être le premier des Camerounais et par la clique qui l’entoure.

Nous ne pouvons citer ici toutes les violations des lois de notre pays. Parlons juste des violations de la constitution qui dans une république mènent le Président de la République directement devant la haute cour de justice. Déjà, cette disposition n’existe pas dans notre constitution et à dessein.

Citons l’article 7 alinéa 4 de la Constitution qui est la loi fondamentale et qui précise que les fonctions du Président de la république sont incompatibles avec toute fonction publique élective ou toute activité professionnelle.

Nous savons que le Roi est élu par consensus Président national du RDPC même comme son mandat est fini depuis plusieurs mois, ce qui ne l’empêche nullement de trôner illégalement à la tête du Parti.

Nous savons aussi qu’il est un important exportateur de produits agricoles.

Citons également l’article 66 de la même constitution qui veut qu’un certain nombre de personnalités de l’Etat dont le premier d’entre eux déclare leurs biens et avoirs en début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction.

Ceci n’a jamais été fait, ouvrant par conséquent la voix à la corruption, aux détournements des biens publics et aux trafics de tout genre.

Nous pouvons aussi parler des institutions créées par la Constitution de 1996 qui ne sont toujours pas mises en place.

Si en 5 ans, c’est-à-dire la durée ailleurs d’un mandat présidentiel, M. BIYA est incapable de mettre en place ces institutions, on se demande bien s’il est à sa place !

Son comportement bien évidemment a fait des petits.

Le ménestrel du Roi, son très zélé communicateur, peut alors de son côté, se permettre d’intimider et de menacer la courageuse presse patriotique camerounaise au mépris de la loi sur la communication sociale.

Il peut également mettre entre parenthèses le Conseil National de la Communication et instruire le DG de la CRTV de se passer de l’avis de cette institution.

Les Droits et les Libertés sont garanties par des lois. Alors vous voyez que quand on ne respecte plus les lois, les Droits et les Libertés en prennent forcément un coup.

Nos dirigeants se croient tout permis, s’investissent les pleins pouvoirs et la dérive est vite arrivée.

Les exécutions extrajudiciaires et sommaires que nous observons ne sont que la conséquence de l’impunité de la violation de lois de la république par nos dirigeants.

L’Etat de Droit c’est aussi le respect du citoyen.

Au Cameroun, le Roi a confisqué le calendrier électoral et le mandat des élus. C’est ainsi qu’il peut se permettre d’anticiper ou de repousser les élections à une date dont il est le seul à connaître.

Dans des républiques comme la France par exemple, les dates des élections sont connues des citoyens longtemps à l’avance.

Les cartes nationales d’identité informatisées entrent en vigueur le 19 juillet 2001. A la date d’aujourd’hui, moins de 10% de Camerounais l’ont obtenu.

Que va-t-on faire des 90% restant ? Va-t-on les repousser hors de nos frontières ? Il est vrai que la DGSN en privé, a confié que le délai serait prorogé mais les Camerounais doivent officiellement être informés et dans les délais !

L’ONEL a été voté à l’Assemblée nationale et promulgué par M. BIYA. Nous sommes théoriquement à 7 mois des prochaines échéances et ses structures ne sont pas encore mises en place !

Ce qui fait que le citoyen ne sait pas avec quelle loi il va voter ni dans quelles conditions.

L’Etat de Droit, c’est également le respect de la chose publique.

Mme BIYA utilise aujourd’hui des bâtiments publics, un personnel payé par l’Etat donc par le contribuable pour la propagande et la promotion d’un individu, d’un nom. La mission est certainement noble mais sa fondation doit construire ses propres bâtiments et payer son personnel.

Ailleurs que dans les royaumes, cela s’appelle abus et recel d’abus de biens sociaux et traités comme tels.

Bien plus grave, Mme BIYA et les fistons passent pratiquement les troupes en revue et saluent les corps constitués à l’aéroport de NSIMALEN lors de ses déplacements à l’étranger.

C’est bien évidemment un abus qu’on ne peut voir que dans un royaume.

Tout le monde s’est pris au jeu, c’est pour cela que vous avez récemment vu des ministres démis de leurs fonctions, pleurer à chaudes larmes ou refuser de parler à qui que ce soit y compris femmes et enfants, comme si cette fonction de l’Etat était devenue leur propriété privée.

Camarade, comment vois-tu donc la suite des événements?

Les derniers événements qui se sont passés dans notre pays, de la disparition interprétée en accident de l’hélicoptère présidentiel aux marches du C9 appuyées par le SDF en passant par l’explosion de la poudrière officiellement par une main criminelle, montrent clairement que le régime du Roi n’a pas fait que des amis, loin s’en faut. Il est entrain de traverser une dangereuse zone de turbulences qui risque lui être fatale.

Les communications et interventions intempestives du Ménestrel du Roi ainsi que le dernier remaniement précipité du gouvernement et d’autres mesures annoncées ne sont que des soubresauts de fin de règne. Le régime a perdu de sa superbe. Il sursaute et met l’armée en état d’alerte au moindre bruit. Il ne croit plus en sa force.

Si vous avez eu l’occasion de voir un mourant à l’agonie, luttant désespérément contre la mort, vous pouvez alors comprendre la situation actuelle du régime du Roi.

Votre mot de la fin ?

Le régime du Roi vit ses derniers moments.

Le SDF est prêt à assurer et à assumer l’alternance et demande par conséquent aux Camerounais de se préparer à travailler et à fournir des efforts pour sauver notre pays de la dérive tribale, amorale et criminelle afin d’oublier très rapidement le cauchemar que nous avons vécu lors du passage accidentel du Roi.

Nous devons avoir l’ambition de construire une nation forte et mettre en place un Etat de Droit
- dans lequel la démocratie fonctionne correctement;
- dans lequel les fils et les filles du pays ont les mêmes droits et les mêmes devoirs ;
- et dans lequel les droits et les libertés sont garantis et respectés.

Nous comptons sur le réflexe sécuritaire habituel de M. MENDO ZE pour nous censurer ou charcuter notre émission.

The end

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