|
Grotesque mensonge concernant un pretendu financement exterieur du SDF
Le journal DIKALO N° 625 du Lundi 23 Avril 2001 à
servi à ses lecteurs un article dont le titre, en
grandes manchettes à la première page est libellé de
la manière suivante :
MANŒUVRES PRE-ELECTORALES
LE SOCIAL DEMOCRATIC FRONT (S.D.F.)
EST-IL FINANCE DE L’EXTERIEUR ?
L’introduction dudit article est ainsi rédigé :
« Des documents dignes de foi font ressortir une
collusion manifeste entre le parti de Ni John Fru Ndi
et de très hauts dignitaires d’un grand pays voisin.
Des tractations concernant les futures échéances
électorales nationales ont fait bénéficier au SDF
d’importants déblocages de fonds domiciliés dans deux
banques à Bamenda ».
Le corps de l’article, inséré à la page 3 du journal
est appuyé d’un document rédigé en anglais
approximatif et signé le 16 Mars 2001, par un certain
« Honourable Akinnifest Oladejo » Conseiller
Présidentiel Chargé des Affaires Extérieures.
D’après le journal le document fait des révélations
sur les soi-disantes «collusions entre le SDF et
certaines hautes autorités du Nigeria, relatives au
futures échéances électorales.
Le rédacteur de l’article, Dominique Bela, sur la
base du document ci-dessus cité rapporte :
Qu’une délégation de dix experts camerounais de
différents partis d’opposition, conduite par le
député Daniel Tsesué, a été reçue le 16 mars 2001, à
Plateau State Hotel dans la ville de JOS au Nigeria,
par le Dr Olirinnimbe Mamowora, Président du
Parlement de Lagos, négociant au nom de
l’International Socialiste, et l’Honorable Akinnifest,
représentant personnel du Chef de l’Etat nigérian
Olusegun Obasandjo.
Que le but de la rencontre était d’élaborer un plan
d’action pour combattre la fraude électorale au
Cameroun;
Que les pourparlers ont abouti au résultat suivant :
un chèque de 250.000 dollars remis par le
représentant du chef de l’Etat nigérian, s’ajoutant à
500.000 dollars déjà alloués le 23 février dernier et
à 1 milliard de FCFA retirés de la Allied Bank, en
faveur de la C.C.E.I et de Financial Bank à Bamenda.
Le SDF porte à la connaissance des lecteurs de DIKALO,
de l’opinion nationale et internationale, que le
fameux document publié par DIKALO et commenté par
Dominique Bela est un faux, fabriqué de toutes pièces.
La preuve irréfutable de ce faux est qu’à la date du
16 mars 2001, sensée être le jour de la rencontre
entre les représentants du Nigeria et la délégation
des experts camerounais conduite par l’Honorable
Tsessue Daniel, celui-ci était à Libreville, arrivé le
même jour par un vol CAMAIR, pour assister dans cette
ville à la réunion du Parlement ACP-UE, en compagnie
de l’Honorable Mandeng Ambassa, député du Mbam et
Inoubou et M. Bah Oumarou, Secrétaire Général Adjoint
de l’Assemblée Nationale. Font foi comme preuves du
séjour de l’Honorable Tsessué Daniel à Libreville du
16 au 23 mars 2001, son billet d’avion oblitéré à
l’aéroport de Douala le 16 mars 2001, et son passeport
diplomatique également oblitéré à Douala au départ le
16 mars et à l’arrivée le 23 mars 2001. Vient
s’ajouter à ces deux première preuves patentes la note
de l’Hôtel Atlantique où l’Honorable Tsessué Daniel et
ses compagnons, ont séjourné pendant leur mission à
Libreville. Les photocopies de ces documents sont
jointes au présent article et l’Honorable Tsessué
Daniel détient les originaux à toutes fins utiles. Il
est superflu d’indiquer que les compagnons de
l’Honorable Tsessué Daniel ci-dessus cités peuvent
être consultés sur la véracité de leur séjour à
Libreville à partir du 16 mars 2001.
L’Honorable Tsessué Daniel déclare en outre sur
l’honneur n’avoir jamais mis les pieds au Nigeria, qui
demeure le seul pays voisin qu’il n’a pas encore
visité.
Le SDF déclare n’avoir jamais reçu des financements
ni du Nigeria, ni de l’International Socialiste.
D’autres preuves de ce faux document peuvent être
recensées à partir de son contenu cousu de grossières
invraisemblances que la dimension réduite de notre
article ne permet pas d’évoquer.
L’interrogation majeure est de savoir qui a ordonné la
fabrication et/ou l’exploitation journalistique de ce
faux document. Nous savons que celui-ci était en
circulation dans les services de sécurité et il est
hautement probable que ce soit le pouvoir du RDPC qui
tire les ficelles dans l’ombre, étant le seul à se
procurer des dividendes d’un pareil mensonge.
Celui-ci peut être exploité de plusieurs façons :
1- Le faux permet au pouvoir d’affirmer, comme le fait
le journal DIKALO, que le SDF et l’opposition
camerounaise sont en collusion avec le Nigeria, pays
qui est en état de guerre avec le nôtre au sujet de la
presqu’île de Bakassi. Ce qui signifie que le SDF et
le l’Opposition traitent avec «l’ennemi nigérian ».
2- Le faux vient confirmer l’argument habituel du RDPC
selon lequel le SDF n’est qu’un parti anglophone au
service des intérêts anglo-saxons, en révélant la
prétendue collusion avec le Nigeria. Cet argument
rencontre un certain succès au sein de la classe
politique française, particulièrement à droite, et ne
peut qu’être avantageusement démontré.
3- Attaqué sur le plan intérieur et extérieur sur
l’embarrassante affaire des 9 disparus de Bepanda, le
pouvoir du RDPC trouve dans le faux document un moyen
de diversion pour occuper l’opinion nationale et
obliger le SDF à donner la priorité aux dissensions
internes éventuelles ou avec les autres partis
d’opposition qui peuvent se demander si le SDF ne les
utilise pas en cachette pour négocier à l’étranger.
4- Le faux document permettrait aussi, espère-t-on, de
dissuader le Nigeria et l’International Socialiste,
d’apporter un concours quelconque au SDF, du moment
que leurs supposées tractations secrètes sont
dévoilées.
Dans tous les cas, le RDPC se croit gagnant dans cette
manœuvre de mensonge et d’intoxication. Preuve que ce
régime est particulièrement aux abois.
En tout était de cause, la mise en selle de
l’Honorable Tsessué Daniel , dans ce grossier et
scabreux mensonge est une indication claire, qu’il est
parmi les cibles que le pouvoir du RDPC peut abattre à
tout moment, au sein du SDF. Notre parti en prend
bonne note.
Le SDF demande à tous les Camerounais de ne pas
baisser la garde, de continuer à lutter pour que les
victimes du commandement opérationnel, parmi lesquels
les 9 jeunes disparus de Bepanda ne soient morts pour
rien.
Le Directeur de publication de DIKALO est prié de
publier dans les mêmes conditions de pagination et de
caractères, le présent article que le SDF adresse aux
lecteurs de ce journal, en guise de droit de réponse,
comme le prévoit la législation en vigueur en la
matière.
Fait à Yaoundé le 26 avril 2001.
Pr. T. ASONGANYI
Secrétaire général.
The end
More documents
|