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OBSERVATOIRE NATIONAL DES ELECTIONS :
UNE AUTRE COQUILLE VIDE POUR ARNAQUER LES CAMEROUNAIS

Depuis sa naissance en 1990, fort de son emblème qui comporte une urne, laquelle traduit son désir de changer le Cameroun par la voie des urnes, le SDF continue d’œuvrer sans relâche pour l’avènement des élections libres, transparents et crédibles au Cameroun. C’est ainsi qu’à maintes reprises, il a protesté violemment et décrié à travers le boycott des Législatives de mars 1992 et de la Présidentielle d’octobre 1997, la machine de fraude savamment entretenue par les agents à la solde du Ministère de l’Administration territoriale (les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets, les chefs traditionnels) principalement et d’autres fonctionnaires accessoirement.

Parallèlement à ces actes de protestation, le SDF a publié moult résolutions et déclarations sur la nécessité de la transparence des urnes. Le régime y a opposé une fin de non recevoir et ne doit sa survie aujourd’hui qu’à divers subterfuges montés pour détourner l’attention du peuple camerounais.

Il s’agit notamment des rencontres avec les partis politiques de l’opposition organisées pour donner la fausse image que le régime est une force de rassemblement. C’est le cas des pourparlers qui se sont tenus au lendemain de la Présidentielle de 1997 boycottée par le SDF et d’autres partis politiques de l’opposition. A cette occasion le SDF avait proposé la création d’une Commission Electorale Nationale Indépendante pour remplacer le MINAT dans l’organisation des élections libres, équitables, transparents et crédibles. Ces pourparlers s’étaient achevés en queue de poisson parce qu’à cette époque le RDPC était plus disposé à convaincre le SDF d’entrer au gouvernement et se refusait à reconnaître le rôle joué par les agents du MINAT dans la fraude électorale.

Récemment, le Groupe parlementaire du SDF est descendu dans les rues de Yaoundé pour une marche vers le Palais de l’Unité aux fins d’y remettre à M. BIYA la proposition de loi sur la création d’une Commission Electorale Nationale Indépendante préparée et déposée conjointement avec d’autres Députés de l’opposition depuis 1997, mais non soumise à la Chambre à ce jour. Face au silence du régime, les Députés SDF et de l’opposition ont signé une déclaration pour réitérer leurs exigences sur la nécessité de soumettre leur proposition de loi à l’Assemblée nationale pendant la présente session et préciser quelle est non négociable.

Face à cette pression, le régime a réagi en prétendant que l’opposition essayait de forcer une porte déjà grande ouverte, car le projet de loi conçue pour garantir l’organisation des élections libres, équitables et transparentes devait être soumis à l’Assemblée Nationale lors de la session actuelle.

Aussi, le jeudi 30 novembre 2000, le Président de la République a-t-il fait parvenir à l’Assemblée Nationale, le projet de loi n° 688/PJL/AN portant création d’un Observatoire Nationale des Elections (ONEL). Au terme de sa lecture, un constat s’impose :

  • il est clair que le régime BIYA reconnaît finalement l’implication des agents du MINAT dans les fraudes massives lors des élections et la nécessité de les en écarter ou du moins de les contenir ;
  • le texte BIYA est une pâle copie du texte adopté par le Sénégal sur l’ONEL et promulgué depuis 1997, aussi, le bruit fait autour d’une plate-forme signée avec l’UNDP au terme d’un travail abattu par les deux partis relève de l’affabulation ;
  • le texte sénégalais truffé de contradictions et de défauts a été copié sans aucune modification dans le sens de l’amélioration ;
  • il est dommage que le RDPC toute honte bue en soit réduit à copier bêtement, incapable de profiter de l’expérience de ceux-là même qui ont appliqué le texte sur le terrain et ont pris la peine de préciser les failles dans l’ONEL sénégalais ;
  • le texte sénégalais a été adopté par le consensus de tous les partis politiques et est conforme à toutes les lois électorales de ce pays étant donné qu’il fait partie intégrante du Code électoral. A contrario, le texte BIYA vient ajouter la confusion à la cacophonie des textes qui régissent les élections au Cameroun ;
  • le texte BIYA ressemble à s’y méprendre au texte sénégalais même au niveau de la numérotation des articles. Toutefois, les partie importantes du texte sénégalais, notamment l’article L3 qui stipule que le Président de la République nomme les membres de l’ONEL par décret après consultation des institutions, des associations et des Organismes tels que ceux qui regroupent Avocats, Universitaires, Défenseurs de Droits de l’Homme, Professionnels de la Communication ou toute autre structure sont omises dans l’article3 du texte BIYA. Cela veut tout simplement dire qu’il se réserve le droit de consulter qui il veut ou de ne pas le faire carrément ;
  • l’article L6 du texte sénégalais stipule que l’ONEL distribue le matériel et les documents électoraux avec les partis politiques. L’article 6 du texte BIYA ignore les partis politiques ;
  • le MINAT - les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets, les chefs traditionnels - sont encore pleinement en charge du processus électoral. Il n’y a aucune garantie qu’ils n’ignoreront pas l’ONEL et continueront à se livrer avec impunité à la fraude électorale comme M. MENDO ZE qui fait fi du Conseil Nationale de la Communication et censure à loisir les émissions du SDF ;
  • le contrôle, la proclamation des résultats et le contentieux électoral sont encore entre les mains du Conseil Constitutionnel et de la Chambre Administrative de la Cour Suprême. Les prétextes « des mains liés » et le ponce pilatisme de la Présidentielle d’octobre 1992 d’une part et les Municipales de 1996 dont les procès sont encore pendants, les Législatives de 1997 dont plus de 100 litiges avaient été rejetés pour des raisons légères d’autre part, sont encore frais dans nos mémoires ;
  • l’affirmation que l’ONEL supervise et contrôle tout le processus électoral de l’inscription sur les listes à la proclamation des résultats donne l’impression que les élections seront libres, équitables et crédibles. Or les structures qui gèrent les élections sont encore entre les mains des agents du MINAT qui se sont déjà illustrés par le passé comme les agents de la fraude. Ces agents (les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets, les chefs traditionnelles) tirent leurs pouvoirs des textes qui ne relèvent pas du code électoral mais qui demeurent en vigueur pendant les élections ; il est par conséquent difficile pour quiconque d’avoir plus de pouvoir que ces agents qui représentent le Président de la République sur le terrain qu’on soit représentant de l’ONEL ou pas ;
  • M. BIYA, en violation flagrante de la Constitution, demeure le Président du RDPC. Ce qui veut dire qu’il est partisan et n’hésiterait pas à mettre les intérêts du RDPC avant la Patrie.

Fort de ce constat, le SDF pense que les élections continueront d’être truquées au Cameroun car l’ONEL est une coquille vide comme les Observateurs Internationaux qui viennent souvent aboyer sans influencer le cours de la fraude. Aussi, le SDF est-il déterminé à continuer le combat pour la création d’une Commission Electorale National Indépendante, la seule capable de prévenir le chaos dans notre pays en garantissant l’organisation d’élections libres, équitables et transparentes. Seul le patriotisme de M. DIOUF a empêcher le bain de sang qui aurait eu lieu au Sénégal principalement à cause de la mainmise des agents de l’administration sur les élections ce malgré l’existence de l’ONEL. Nous ne souhaitons pas que cela arrive à notre pays car M. BIYA a prouvé par le passé que le patriotisme n’est pas l’une de ses vertus.

Bamenda, le 3 décembre 2000

NI John FRU NDI
Président National

The end

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