Accueil Forum de Discussion Email Contactez-Nous
Yaoundé: 29-7-2010 20:25:10 Paris: 29-7-2010 21:25:10 London: 29-7-2010 20:25:10 Minneapolis: 7-29-2010 14:25:10 Tokyo: 30-7-2010 04:25:10
SDF Logo

Front Social Démocrate
Secretariat National
B.P. 490
Bamenda, CAMEROUN
Tel: (237) 336-39-49
Fax: (237) 336-29-91


SDF Logo

Actualités

Communiqués

Historique

Discours

Documents Fondateurs

Liens

SDF à l'Assemblée Nationale

Conseils Municipaux du SDF

Résolutions

Qui est qui au sein du SDF

Adhérer au SDF

English Version

L'Internationale Socialiste
Membre de L'Internationale Socialiste

DECLARATION

Depuis le 1er Mars 1996 et à la suite de la nomination des Délégués du Gouvernement à la tête des municipalités conquises par l'Opposition et, notamment, par le Social Démocratic Front (SDF), M. Paul Biya et son régime ont décidé de combattre, par l'armée, le peuple pacifique camerounais qui rejette l'acte de nomination anti-démocratique de ces délégués et qui manifeste son mécontentement par des revendications pacifiques.

A Limbe, Douala et Kumba, il y a eu des morts. A Mbanga, Nkongsamba, Douala, Limbe il ya eu des arrestations. A Bafoussam, les activités politiques du SDF sont suspendues. A Garoua, Bamenda, Limbe et Kumba les populations ont redécouvert les villes-mortes. Et le reste du pays n'est pas loin de revenir à la désobéissance civile en protestation contre la perversion du processus démocratique.

Ce bilan n'est ni exhaustif, ni définitif.

Depuis 1993, M. Biya a institué les villes à régime spécial. Mais jusqu'au 27 Février 1996, il n'avait pas appliqué les dispositions de ce décret et s'était refusé à nommer des Délégués du Gouvernement à Kumba, Limbe, Bafoussam, Ebolowa et Garoua parce que ces communes fonctionnaient sous la houlette des maires RDPC.

Parce que l'Opposition s'est emparée démocratiquement desdites villes, M. Biya et son régime s'empressent aujourd'hui de doter Kumba, Limbe, Nkongsamba et Bafoussam, entre autres citées conquises par le SDF, de Délégués du Gouvernement issus des rangs du RDPC, au mépris des lois, du verdict populaire et de la logique démocratique.

En effet, lors de la publication du décret susvisé, l'Opposition avait saisi la Cour Suprême pour demander l'annulation, pour caractère illégal, du décret portant extension à d'autres communes que Yaoundé, Bamenda, Douala et Nkongsamba, du régime spécial des Communautés Urbaines.

Mais la Cour Suprême n'a pas dit le Droit.

Par ailleurs, l'article 55 de la Nouvelle Constitution révisée et promulguée par M. Biya stipule que les collectivités locales décentralisées, parmi lesquelles les Communes, seront gérées par les élus du peuple et non par des responsables nommés.

Mais M. Biya vient de placer par décret à la tête de ces collectivités des militants notoires du RDPC.

Enfin, quand le Peuple se mit à réclamer en Mai 1991, la liberté, la démocratie et la Conférence Nationale Souveraine sous la conduite du SDF, M. Biya estima que c'était "sans objet".

A chacune de ces occasions, M. Biya a, soit violé la loi, soit détourné le verdict populaire, soit opposé l'Armée au peuple. A chacune de ces occasions, il ya toujours eu des destructions de biens, la perte des vies humaines, le mépris du citoyen, le mépris des lois.

En 1992, M. Biya perdit l'élection présidentielle malgré les fraudes massives orchestrées par l'Administration territoriale.

En janvier 1996, il vient de perdre les élections municipales en dépit de toutes les mesures administratives, politiques, médiatiques et policières prises pour intimider les électeurs et truquer les résultats après avoir faussé le scrutin.

En 1992 comme en 1996 il a sorti l'Armée pour combattre le Peuple qui manifestait contre l'accaparement des victoires électorales du SDF par le RDPC. Et en 1992 comme en 1996, il ya encore eu des morts, des blessés, des destructions de biens, des arrestations, des tortures.

M. Biya a détourné l'Armée de son rôle traditionnel de défense du territoire national, de défense du peuple et de ses biens, pour en faire un instrument de répression contre le peuple Camerounais pacifique.

A cet effet, M. Biya utilise l'Armée non seulement à la place de la police et de la gendarmerie qui ont mission de faire respecter la loi et l'ordre, mais aussi pour en faire une milice au service de son parti fascite, le RDPC.

Par ce comportement de M. Biya et de ceux qui l'entourent, il est clair qu'il n'ya pas de démocratie au Cameroun. En fait, quand M. Biya organise des élections, c'est pour avoir l'occasion de faire la guerre à l'Opposition et pour provoquer le peuple pacifique camerounais. Tout porte à croire que M. Biya veut la guerre civile après qu'il a bradé le patrimoine national, brisé l'unité nationale en opposant les tribus les unes contre les autres et laissé la crise économique s'approfondir et s'étendre.

En même temps qu'il se comporte de cette manière inqualifiable à l'intérieur du pays, il s'offre une guerre à l'extérieur dont il sait qu'il n'a ni la volonté ni les moyens de la faire aboutir. C'est dire que M. Biya et son régime ne servent pas la Patrie camerounaise.

Le SDF avait prédit tout ce qui arrive aujourd'hui au Cameroun. L'année dernière le SDF, par la bouche de son Président

National, avait dit que M. Biya s'apprètait à déclarer la guerre au Peuple au cours des élections municipales. Et le Président National demandait aux Camerounais, et plus particulièrement au Généraux responsables des Forces Armées, de prendre leurs responsabilités car ASSEZ, C'EST ASSEZ!

C'est pourquoi le SDF, expression politique des aspirations profondes du Peuple Camerounais, a toujours pris et continue de prendre ses responsabilités.

En conséquence,

  1. dans les Communes qu'il a gagnées, il ne tolérera pas les délégués du gouvernement. Dans ces communes, la logique démocratique et le respect de la constitution doivent prévaloir.

  2. comme M. Biya veut manifestement dissoudre les muncipalités SDF pour continuer à asservir et à appauvrir le Peuple, qu'il les dissolve. Ainsi le monde entier verra bien qu'il n'est ni un démocrate, ni un libéral, ni un patriote, mais plutôt un dictateur.

  3. Tout Peuple agressé par des fascistes au pouvoir a le droit de réagir et de se défendre. Cela est inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, articles 21 et 30, ratifiée par le Cameroun. Le SDF appelle donc le Peuple Camerounais à se préparer à réagir contre un régime qui l'opprime et le rend misérable et qui, par la promulgation d'un décret anti constitutionnel, bloque la démocratie au Cameroun.

Mais comme il n'est pas question de tomber dans le piège tendu par M. Biya qui veut transformer le Cameroun en Rwanda, Burundi, Somalie, Libéria ou la Bosnie, la lutte du Peuple sera, certes démocratique et pacifique, mais elle sera permanente et totale.

Dans cette perspective, les élus du SDF sont invités à s'occuper du Peuple et non des Délégués du Gouvernement qui ne représentent que les intérêts de M. Biya et de son régime. Ces Délégués doivent être isolés.

La guerre de Bakassi et la guerre que mène le régime Biya contre le Peuple, ajoutées à la crise économique et à la misère, doivent conduire les Camerounais d'une part, à éviter désormais les dépenses inutiles, d'autre part, à stocker chez eux les denrées de prèmière nécessité, à accélérer, sous la conduite du SDF et des autres forces démocratiques et de progrès, la mise en place des chaînes de solidarité et de développement endogène, en l'occurrence les C.D.E. (Comités de Développement Endogène) dans les villages et

dans les quartiers. Les problèmes de ravitaillement, de santé et de salubrité publiques, ceux de lutte contre le grand banditisme ou ceux de l'éducation de base des enfants seront pris en charge par eux.

Les banques doivent, dans un tel contexte, repenser leur politique pour l'adapter aux désordres politiques, sociaux et militaires que le régime de M. Biya crées ainsi à la Nation.

Dans le même ordre d'idées, le SDF appelle les Camerounais à commémorer dans tout le pays, les 15 et 29 Avril 1996, les journées nationales pour la démocratie.

Par contre, il n'y aura pas, pour les militants du SDF et le Peuple qui souffre, de réjouissances et de manifestations du 20 mai car la Patrie pleure ses morts de Bakassi et des élections municipales.

Si le Peuple suit ces prescriptions, il ne sera pas surpris par le chaos que M. Biya et son régime sont en train de préparer et qu'ils s'apprètent à installer définitivement à brève échéance au Cameroun.

Fait à Bamenda, le 11th Mars 1996.

NI John FRU NDI
PRESIDENT NATIONAL

The end

More documents

Accueil Forum de Discussion Email Contactez-Nous